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Ce moment gênant où l'on reprend contact [Cooper]

MessageMer 7 Mar - 9:26

Kiera
Thornton

[Samedi 24 février 2018 ; Nell Gwynne Tavern]

Pour le bien de son enquête, Kiera avait pris une lourde décision, décision qu'elle confrontait encore aux arguments qu'elle s'était trouvée pour repousser l'échéance. Si elle était une adulte faite dorénavant, certaine situation lui donnait toujours l'envie de se cacher sous ses couvertures ou dans les jupes de sa mère. Mais tout cela remontait à longtemps maintenant, il était plus que temps de tourner la page et de sauter à deux pieds joints dans le grand bain, et sans bouée.

La disparition de Juliette prenait une ampleur assez peu courante dans les médias et Kiera avait fait sa part d'article de remplissage pour les journaux avec lesquels elle avait l'habitude de travailler. Mais les rédacteurs en chef la connaissaient assez pour savoir qu'il fallait lui laisser les coudées franches pour qu'elle ait le temps de trouver une information véritablement importante, le genre à-même de faire basculer une affaire. Après, Kiera les laisserait se battre pour savoir qui aurait la primeur de sa ou ses découvertes, si elle en faisait.

Mais avant d'en arriver là, il fallait faire le tour des personnes susceptibles de lui apprendre des informations confidentielles qui n'avaient pas encore fuitées dans les médias. Et bien sûr, dans ce genre de cas, c'était la Police qu'il fallait interroger. Avoir de bonnes relations avec la MET était primordial dans son boulot et Kiera partait avec un handicap certain. Toutefois, elle avait réussi à obtenir l'information qu'elle cherchait, à savoir le nom d'au moins un inspecteur en charge de l'affaire. Elle n'avait pas été déçue du voyage, ce qui expliquait pourquoi elle hésitait toujours à entrer dans le bar. Enfin, aucun métier n'était plaisant du début à la fin et au fond, Kiera savait qu'elle n'aurait pas pu l'éviter indéfiniment. Il était plus que temps de retirer les béquilles qui maintenaient son cœur à sa juste place et advienne que pourra.

Advienne que pourra donc, Kiera poussa la porte du bar et y entra. Petite victoire, elle ne reconnaissait aucun des habitués des lieux alors qu'elle balayait du regard la salle, sauf celui qu'elle cherchait. Après une dernière inspiration pour se donner du courage, elle se dirigea vers le bar où il était attablé. Elle avisa son verre vide et tandis qu'elle posait ses affaires, elle passa commande.

- La même chose pour lui, il va certainement en avoir besoin, et pour moi, juste un coca. Pour un flic, tu n'es pas difficile à deviner, reprit-elle, à l'attention de Cooper cette fois.

Kiera s'était attendue à tout, mais certainement pas ça. Heureusement, elle avait conservé un ton égal et rien ne laissait présager que son cœur battait la chamade dans sa poitrine, les battements désordonnés remontant jusqu'à ses oreilles. La jeune femme termina de s'installer sur le tabouret qui faisait face au bar et reprit les politesses à ces débuts.

- Bonjour Cooper, ça faisait longtemps.

Mais certainement pas assez, pensa-t-elle en scrutant le visage qui lui faisait face.

HJ : nous sommes abonnés aux bars sur ce forum XD

MessageVen 9 Mar - 3:57

Cooper
Llewelyn

Un samedi soir comme tant d'autres, lorsque l'inspecteur n'était pas de service ou appelé d'urgence sur une scène de crime. Il n'était pas rare dans ce cas précis, de le découvrir attablé au comptoir de l'établissement, y savourant un excellent whisky single malt amplement mérité ou alors sirotant une pinte de mousse, tantôt une Beamish, tantôt une Murphy's. Une habitude à laquelle Cooper ne dérogeait jamais. Qu'il neige ; qu'il pleuve ; qu'il vente, il était toujours d'un fidèle loyalisme à toute épreuve envers le pub qu'il fréquentait depuis des éons. Tant bien même, une apocalypse zombie causerait des dommages considérables au Royaume-Uni. Il lui faudrait certes, plus de temps pour parcourir la distance séparant son appartement de l'établissement mais, il s'y rendrait quelqu’en soit le prix.

Cette soirée donc, ne contrevenait pas à la règle. Attablé comme à son habitude au comptoir du Nell Gwynne Tavern, Cooper se livrait à des pensées mornes et sombres. Il broyait du noir comme on le disait familièrement dans le jargon populaire. Un verre vide trônait à proximité, un fond de mousse y subsistant encore, preuve fugace révélant qu'il venait à peine de l'achever. Ruminant à propos de l'enquête sur laquelle, son partenaire et lui avaient été affectée en début de semaine, il jouait négligemment avec le sous-bock en carton sur lequel, le verre devrait techniquement reposer. La stagnation de ladite enquête en cours, affectait son humeur tout autant que son moral. Il était ce genre d'homme à qui parfois, il arrivait d'être taciturne et qui dans ces instants là, devait être à prendre avec des pincettes.

Quelqu'un s'installa sur le tabouret à côté du sien. Cooper n'y prêta pas la moindre attention, n'attendant personne. Il buvait seul, toujours ! Les quelques rares amitiés qu'il entretenait encore, ne vivaient à Londres ou ses faubourgs. Quant à ses nombreux collègues et bien, il évitait de les fréquenter en dehors des heures de travail. Il était un solitaire dans l'âme et vivre ainsi lui convenait parfaitement. Une voix féminine passa commande juste avant de l'interpeller. Cette voix, dont il n'avait entendu le timbre depuis quelques années, fit rejaillir du plus profond de sa mémoire, des vieux démons de son passé y étant pourtant enfoui intentionnellement.

- Sert moi plutôt ton whisky single malt le plus cher, puisque la demoiselle m'invite si aimablement.

Une mesquinerie d'emblée, petite et gratuite qui plus est ! Surtout en ayant parfaitement connaissance, du salaire fluctuant que percevait la journaliste. Enfin, si tel était toujours le cas depuis tout ce temps. De toute façon, ce n'était plus là son problème n'est ce pas ? À présent que Cooper était entré dans la danse tel un goujat, il poursuivit sur sa chorégraphie, sans chercher une seule seconde a en modifier le moindre mouvement de pas.

- Et toi, comme n'importe quel journaliste, tu évites de citer tes sources.

L'inspecteur haussa les épaules, tout en poussant en parallèle, un soufflement nasal de dédain envers cette maudite profession et tous les charognards l’exerçant. À aucun instant, il n'avait dénié accorder le moindre regard en direction de Kiera et comptait persévérer ainsi, le temps que durerait cette petite causerie, qu'il espérait brève et concise. Car, entendre le son de sa voix suffisait à faire germer des graines, ensemencées par les racines sèches de son amour d'antan, dont il ignorait jusqu’alors la présence et auxquels, il refusait de reconnaître l'existence.  

- Bonsoir Kiera, que me vaux ce plaisir ?

Il venait de s'exprimer d'une manière plus acerbe qu'il ne l'avait souhaité de prime abord, avec un soupçon d'ironie sous-jacente. Il s’étonna lui-même en se rendant compte, qu'il en éprouvait une certaine forme de regret. Hélas, le vin étant désormais tiré, il ne lui restait plus qu'à le consommé et ce malgré les remords naissants.

MessageJeu 15 Mar - 10:06

Kiera
Thornton

La journaliste ne s'était certes pas attendue à ce que ce soit facile ou qu'elle soit accueillie avec le sourire après tout ce temps, mais elle ne s'imaginait pas que Cooper ait perdu ses bonnes manières quand elle-même faisait un effort pour ne pas laisser ses sentiments personnels interférer. La première estocade était la plus basse mais aussi la plus facile à esquiver. La seconde était éculée depuis tellement longtemps, mais elle tira tout de même un sourire ironique à Kiera. Il avait la mémoire courte et elle ne put s'empêcher de répondre à la provocation.

- Au contraire, c'est la base même de mon travail : ne pas récolter les lauriers du travail des autres.

Les verres furent déposées devant eux et Kiera profita que Cooper ait le nez dans le sien (il n'avait pas même eu la politesse de la regarder dans les yeux une seule fois depuis qu'elle s'était installée au bar) pour répondre au sourire du barman, avec une petite crispation chez la jeune femme. Il y en avait au moins un ici qui ne la traitait pas comme une ennemie ou une pestiférée !

La troisième attaque, extérieurement preuve d'un comportement urbain, était certainement la pire. Par son métier, Kiera connaissait le poids des mots. Une tournure pouvait changer tout le sens d'une phrase, tout comme un ton pouvait modifier sa portée à l'oral. Avec l'expérience, elle avait appris à en jouer pour emporter son lectorat et le faire adhérer aux idées qu'elle voulait faire passer. Elle se devait aussi de détecter les mensonges dans les propos qu'on lui tenait, pour ne pas relayer de fausses informations, ce qui était aussi une composante importante de son travail. Dire la vérité. Tout cela devenait un poids quand l'aigreur était dirigée contre soi. Agréable, Kiera savait que cette conversation ne le serait pas, mais qu'elle se sente blessée, elle ne l'avait pas imaginé un seul instant. Pourquoi l'était-elle après tout ? De l'eau avait coulé sous les ponts et elle avait refait sa vie après tout. Elle n'avait aucune raison de ressentir cette tristesse qu'elle sentait poindre. Sa mère lui avait dit qu'on n'oubliait jamais son premier chagrin d'amour, Kiera commençait à comprendre ce qu'elle avait voulu lui dire, à l'époque.

La jeune femme darda son regard sur le barman, lui enjoignant gentiment de prendre ses distances, ce qu'il fit sans se faire prier. Le bar n'était pas encore envahi de clients, ils auraient la paix pendant un moment.

- Ce n'est pas difficile à deviner, répondit-elle d'un ton égal dont Kiera n'était pas peu fière, tout en fouillant dans son sac pour en sortir un dossier. Elle extirpa du-dit dossier la photo de Juliette dont elle s'était servie la veille avec Éléonor. Des images valaient mieux que mille mots. J'enquête sur sa disparition et je sais que tu as été chargé de l'enquête. Je te propose donc d'échanger nos informations dans l'intérêt de Juliette.

L'intérêt de Juliette n'était pas le seul pour Kiera, mais le sien rejoignait très fortement celui de la disparue et elle était partisane que toutes les bonnes volontés étaient bonnes à prendre. Ils avaient certes un passé douloureux en commun, mais Kiera était douée (du moins le pensait-elle) dans ce qu'elle faisait. Cooper le savait, il en avait profité à une époque, le reconnaitrait-il ? Une petite voix lui disait que ça ne serait certainement pas si facile qu'elle voulait bien le croire, mais elle était là pour en avoir le cœur net et ferrailler dur pour le faire changer d'avis s'il le fallait.

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