Partagez|

Une jeune journaliste peut faire toute la différence. [Kiera]

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant
MessageLun 19 Fév - 15:09

Wayland
Russell

[Lundi 19 février 2018 ; Appartement de Kiera]

Il était tard, la soirée déjà bien entamée lorsque le bruit caractéristique de la sonnette retentit à travers l'appartement de Kiera. Dehors, la pluie tombait drue, cinglant les carreaux des fenêtres avec force. Personne de l'extérieur ne serait assez fou pour braver ainsi les éléments, afin d'effectuer une simple visite surprise à cette heure. Sans doute s'agissait-il d'une voisine venue emprunter un quelconque ingrédient pour réaliser une pâtisserie.

Il n'était pas rare que Mrs Tremblay décide sur un coup de tête, de faire plaisir à ses petits-enfants en préparant la pâte à gaufres la veille pour le petit déjeuner du lendemain. Et comme à son habitude, la vieille femme se rendait compte au dernier moment, qu'il lui manquait soit des œufs, soit du sucre.

La sonnette retentit une nouvelle fois, puis une autre. Signe que la personne s'impatientait dans le couloir de l'immeuble. Pourtant, quelques secondes à peine venait de s'écouler entre les deux sonneries. Et comme-ci celles-ci ne suffisaient pas à attirer l'attention de l'occupante des lieux, des coups frappés contre le bois de la porte résonnèrent à la suite.

- Ouvre Kiera ! Je suis trempé, j'ai froid et je dois absolument te parler. Une seconde volée de coups. Kiera dépêche-toi. C'est important. Et sans doute espérant la motiver, l'homme ajouta. J'ai besoin de ton aide pour une affaire.

MessageMar 20 Fév - 14:37

Kiera
Thornton

Les soirées étaient bien le moment pendant lequel Kiera se détendait le plus, quand elle n'était pas "sur le terrain" pour le bien d'une enquête ou pour un article. Quand elle avait quitté le domicile familial, elle ne s'était pas posée la question du lieu où elle allait vivre. Elle avait accepté la première collocation abordable venue. Mais quand il avait fallu se trouver son chez elle, Kiera s'était rendue compte que la vie londonienne n'apportait pas que des avantages. Quand elle se rappelait le papier qu'elle avait écrit sur la crise du logement dans certains secteurs de la capitale, la jeune femme s'estimait chanceuse d'avoir trouvé un appartement en bon état et qui ne nécessitait pas que son salaire fluctuant y passe chaque mois.

Et elle avait des voisins sympas, surtout quand elle avait droit au rab de gaufres. À service rendu, bienfait obtenu. Ses hanches ne remerciaient pas Mrs Tremblay, mais son estomac oui !

À la première sonnerie, Kiera releva les yeux de l'écran de son ordinateur portable. À la seconde, malgré le bruit de fond de la télé (les informations en continue), elle repoussa son outil de travail et le plaid qui lui recouvrait les jambes. Elle n'eut aucun mal à reconnaitre la voix de son mentor ; s'il venait chez elle à cette heure tardive, ça ne devait pas être anodin, quand bien même l'heure des visites était dépassée depuis longtemps. Kiera fit un détour par la salle de bain avant de rejoindre la porte en maugréant.

- J'arrive, j'arrive, inutile d'ameuter tout le voisinage.

Elle ouvrit la porte en grand mais empêcha son mentor de se précipiter à l'intérieur en lui tendant la serviette qu'elle avait pensé à emporter.

- Essuyez-vous et enlever vos chaussures avant d'entrer et de gâter définitivement mon parquet.

Kiera le laissa à sa tâche et se dirigea vers sa petite cuisine pour sortir une bière. Elle n'avait pas grand chose d'autre comme alcool et elle n'allait pas sacrifier son bon vin pour un ivrogne. Quand bien même avait-elle un respect infini pour le journaliste, Kiera ne fermait pas totalement les yeux sur les défauts de son mentor. Puis elle retourna au salon et tendit la bière à Wayland. Libre à lui de l'avaler cul sec ou de conserver un peu de sobriété pour lui exposer les raisons de sa venue.

- Quelle affaire alors ?

MessageMar 20 Fév - 23:06

Wayland
Russell

Wayland Russell était un homme dont la patience égalait celle d'un enfant de cinq ans atteint d'hyperactivité, associée à une haute teneur de sucre dans le sang. Ce qui expliquait pourquoi, une nouvelle série de coups brefs vinrent heurter le bois de la porte ; et les tympans de Kiera par la même occasion ; avant qu'elle ne puisse ouvrir cette dernière. Et tout cela bien évidemment malgré le fait qu'elle venait d'annoncé son intention de le faire.

-  Quel voisinage ? Oh ! Ce voisinage. Au diable le voisinage. Maugréa-t-il dans sa barbe tout en repoussant la mèche de cheveux trempée qui venait de retomber une nouvelle fois devant son visage. Qu'ils râlent ce n'est pas si grave. L'information n'attend pas, qu'ils se le disent. Et puis, ces gens-là sont bien contents lorsque quelqu'un fournit de quoi satisfaire leurs morbides curiosités.

Celle qui fut jadis sa protégée ; faute d'un terme mieux adapté à la réelle situation ; concéda enfin à lui offrir l'accès à son appartement. Wayland s’apprêtait à s'engouffrer à l’intérieur, lorsqu'il fut stoppé net dans sa lancée, par la présence d'une serviette-éponge agitée juste sous son nez. L’instinct de la demoiselle fut bien inspiré de le lui conseiller. En effet, la chevelure imbibée d'eau et le pardessus élimé qui l'était tout autant, ruisselaient justement sur le carrelage du couloir. Y créant à ses pieds une grosse flaque. Flaque dans laquelle, il pataugeait sans s'y soucier outre mesure.

L'apparence de chien mouillé ne lui seyait guère. Triste spectacle que celui-ci. Déjà que par temps sec, celle-ci était limite, limite. Wayland se conforma aux exigences énoncées. Il se sécha cheveux et visage rapidement avant d’abandonner son pardessus à même le sol, sur le petit tapis de l'entrée. Ses chaussures subirent un sort identique. Là encore, son apparence laissait à désirer. Le pull qui portait, véritable vestige de l'embonpoint de sa quarantaine, semblait flotter autour de son corps décharné. Son jean usé, délavé et maculé de boue trouvait écho en la paire de chaussettes qu'il portait à ses pieds. D'ailleurs trouées à plusieurs endroits et laissant quelques orteils à l'air libre.

Wayland fit quelques pas à travers la pièce, uniquement ceux nécessaire pour pouvoir se laisser choir dans le canapé du salon. Ne sachant refuser la moindre goutte d'alcool, il accepta la bière que lui tendait Kiera. Brave petite va ! Elle le connaissait si bien après tout ce temps passé à travailler ensemble.

- Celle-ci bien sûr. Se contenta-t-il de répondre tout en désignant du doigt, le téléviseur allumé où la présentatrice abordait justement le triple-homicide découvert dans la matinée.

MessageJeu 22 Fév - 15:27

Kiera
Thornton

Kiera ne fit pas de commentaire à la vêture de son mentor. Les divorces, l'alcool, l'apparence négligée, tout cela n'était que l'expression de tous les obstacles qui avaient parsemés la vie mouvementée de Wayland. La décence aurait tout de même préféré qu'il porte des chaussettes dans un état plus conforme aux normes de leur société, surtout quand on s'invitait chez un tiers.

Quant à elle, elle tenait à sa paix avec son voisinage et s'estimait chanceuse de ne jamais avoir eu à subir un sermon infini par l'un de ses voisins, et tenait également à ce que cela continue.

- La faute à qui ? "Ces gens là" consomment les informations que nous leur donnons et prennent les habitudes que nous voulons bien leur donner. Nous avons les lecteurs et spectateurs que nous méritons.

Quand elle avait commencé, son idéalisme s'était heurté avec la réalité du terrain. Les journalistes n'étaient pas que les défenseurs de la Vérité, mais étaient tout autant que les autres soumis à une réalité beaucoup plus terre à terre. Non, on ne vivait pas d'amour, d'eau fraiche et d'articles dénonçant la corruption et les injustices de la vie.

Cela étant, c'était ce que Kiera recherchait. Maintenant qu'elle avait sa petite réputation dans leur milieu, elle évitait de verser trop souvent dans le sensationnalisme dans le seul but de faire du clic ou de l'argent facile. Cela payait certes le loyer, mais ses aspirations professionnelles tendaient plus vers le journalisme d'investigation que les articles racoleurs aussi vides d'informations pertinentes que la canette de bière de Wayland dans quelques minutes.

Aussi ne sauta-t-elle pas tout de suite au plafond quand Wayland fit mention de l'affaire qui agitait toutes les rédactions depuis le matin. Depuis que l'information avait terminé sa course dans les médias, ce n'était qu'un défilé de proches, d'amis, d'amis des amis et d'une répétition en boucle du peu d'informations concrètes que la Police avait bien voulu divulguer.

- Dites-moi juste que c'est plus sérieux que d'aller interroger la famille des défunts ou les voisins, par pitié !

MessageVen 23 Fév - 16:57

Wayland
Russell

Ne partageant pas les opinions de Kiera sur ce sujet, la réaction de Wayland fut un haussement d'épaules envers les paroles de cette dernière. Un simple geste trahissant son agacement. Ce n'était ni la première fois qu'ils échangeaient sur cela, ni la dernière d’ailleurs. À ses yeux, la société actuelle tendait plus vers la bêtise congénitale que vers l'élévation spirituelle. Preuve en était faite, ne serait-ce qu'en passant un quart d'heure devant le petit écran ; écran qui prenait bien trop de place dans les foyers de Grande-Bretagne et dans le reste du monde ; la stupidité de ses programmes et le vide abyssale en résultant.    

- Tu connais mon point de vue personnel sur ce sujet-là. Nous vivons au sein d'une société où seules primes l'apparence, la notoriété et le pognon. Les gens ont tendance à se repaître de la souffrance, des malheurs et de l'inintelligence d'autrui. Les investisseurs le savent et agissent en conséquence, favorisant ce genre de programmes stupides qui plaisent aux plus grands nombres.

Ce genre de voyeurisme incité à l’extrême grâce aux nombreux reality-shows lui suscitait des hauts-de-cœur. Si seulement il n'y avait que cela encore. Mais, depuis la popularisation d'internet, les réseaux sociaux se développaient à foison. Les informations ; certes transmissent rapidement ; étaient remplies d’inepties et autres absurdités. Les gens prenaient toutes ces fake news comme argent comptant, sans même faire le moindre effort pour les vérifier auprès de sources concrètes et solides.

Après avoir porté la canette à ses lèvres, Wayland avala une gorgée de bière en y éprouvant une certaine satisfaction. L'alcool était pour lui, ce que la cigarette était à d'autres. Il déposa les pieds sur la table basse de Kiera ; croisant les bras sur sa poitrine au passage ; et se cala confortablement sur le canapé. 

- Peuh ! Les proches sont généralement aussi ignorants que Lord Neige et les voisins ne racontent qu'un blabla aussi inintéressant que soporifique. Il chassa les propos de Kiera d'un revers de la main. Il me reste toujours quelques contacts au sein de la police. D'après ces derniers, la MET aurait retrouvé des traces de sang dans la chambre de la fille au pair ainsi que sur  la façade du pavillon se situant sous la fenêtre de cette dernière. Fenêtre qui était grande ouverte à l'arrivée de la police...

Kiera étant sa disciple, savait parfaitement que Wayland n'en dirait plus pour l'instant. Il l'avait toujours poussé à tirer ses propres réflexions et à suivre ce que lui dictait son instinct.

MessageMar 27 Fév - 22:10

Kiera
Thornton

- Nos lecteurs - ou les téléspectateurs - sont comme des gosses, il faut les éduquer pour qu'ils mangent de tout, même si tout le monde sait que les choux de bruxelles sont une invention du Diable.

Une grand partie de la population était bête comme ses pieds (et Kiera insultait les pieds en disant cela), mais cela ne voulait pas dire qu'il fallait les laisser se noyer dans leur bêtise crasse. Ce qui la révoltait dans l'attitude de Wayland, c'était sa propension à croire que personne ne pouvait s'améliorer. La bêtise n'était pas une maladie incurable, loin s'en fallait.

- Et ce ne sont pas vos "investisseurs" qui nous aident à améliorer leur QI. Ce n'est pas une nouveauté que les vraies infos passent à la trappe parce qu'ils préfèrent se remplir le portefeuille en diffusant des conneries que d’œuvrer à rendre le monde meilleur.

Finalement, Kiera s'était installée sur un fauteuil, les jambes croisées, avec son plaid qui l'aidait à nouveau à se réchauffer. Son mentor s'était installé à son aise sur son canapé sans même prendre la peine de demander où il pouvait s'installer. Pourquoi avait-il fallu qu'elle s'amourache (professionellement parlant) d'un tel je-men-foutiste ? Fallait-il qu'elle ait une certaine affection pour lui, malgré tout, pour le laisser faire sans rien dire !

L'arrière du crâne appuyé sur l'appui-tête de son fauteuil, Kiera prit un moment pour réfléchir aux informations que Wayland lui donnait.

- Ils ont précisé aux infos que la fille au pair n'était pas présente le soir des meurtres, ce serait étrange que ce soit le sien. Donc soit celui d'un membre de la famille, mais ils sont morts à l'intérieur aux dernières nouvelles... ou celui de l'assassin. Mais c'est plutôt le genre de question à poser à la scientifique de la Police, pas à moi, termina-t-elle, déjà prête à -peut-être- se faire réprimander pour sa dernière réflexion.

Elle avait à chaque fois l'impression d'être face à un jury pendant un examen. Du sang a été retrouvé dans la maison, il y a trois morts et une disparue, à qui le sang appartient-il ? Vous avez quatre heures ! Et dans tout cela, Kiera ne comprenait toujours pas en quoi son aide était requise. Mais elle savait aussi qu'elle ne saurait rien avant que Wayland ait terminé de dérouler tout son petit laïus, à disséminer au compte goutte les informations qu'il avait glané auprès de ses contacts. Kiera allait devoir prendre son mal en patience (et se faire taper sur les doigts si elle ne comprenait pas assez vite les sous-entendus).

MessageMer 28 Fév - 15:04

Wayland
Russell

L'erreur élémentaire de Kiera durant sa réflexion, avait été d'opter comme point de départ de cette dernière, les informations propagées par un quelconque présentateur de journal télévisé. La tête de Wayland fut animée d'un mouvement de va-et-vient négatif. La profession qu'ils avaient tous deux embrassée ; surtout le genre journalistique choisi ; requerrait un esprit constamment alerte, capable de compartimenter chaque information reçue, afin d'éviter que l'une ne précède l'autre tant que celles-ci n'avaient été vérifié personnellement. Une faute de débutant donc !

Wayland se savait médiocre pédagogue. Accepter une disciple sous son aile à l'époque, cela n'avait jamais effleuré ses pensées une seule seconde. Surtout depuis sa déchéance ... Le destin avait cependant trouvé amusant de placer Kiera sur son chemin ! Cette jeune diablesse ; dont l'obstination forgeait l'admiration ; avait persévéré dans son entreprise. Insistant, encore, encore et encore, jusqu'à enfin réussir à avoir l'homme par l'usure. Il croyait pourtant être parvenu à lui inculquer le b.a.-ba du métier avec le temps.

- En vérité, la MET ne parvient pas encore à déterminer si la fille au pair était bel et bien présente cette nuit-là. Les inspecteurs responsables de l'enquête patientent jusqu'au résultat de l'analyse sanguine pour confirmer officiellement son absence ou non de la scène de crime.

Une fille au pair employée par le couple pour s'occuper de leur jeune enfant ; une soirée veille de la reprise de la semaine ; les parents dont le travail les obligeait à quitter le foyer très tôt dans la matinée. En prenant en compte les faits et les informations puis, en les additionnant ensemble, il apparaissait avec certitude ; pour son instinct ; que la française se trouvait à l'intérieur du pavillon au moment des meurtres. 

- Je suis persuadé qu'il s'agit bien du sang de cette Juliette. Au point que j'en mettrais ma main à couper sans crainte. Réfléchi y Kiera ! Tu es seule, vivant dans un foyer qui n'est pas le tien et loin de ta famille. Quelqu'un pénètre par effraction, assassine tes employeurs et t'agresse à ton tour. Quel est le premier endroit où tu irais te réfugier instinctivement dans la panique ?

MessageLun 5 Mar - 12:23

Kiera
Thornton

Kiera haussa les sourcils mais ne commenta pas. Depuis le matin, elle ne s'était pas encore véritablement penchée sur l'affaire, si ce n'était pour en écrire des banalités, juste de quoi remplir les sites en ligne des journaux. Elle ne s'était encore jamais penchée, avant aujourd'hui, sur des histoires de meurtres et d'assassinats. Tout cela contenait une part certaine de danger contre lequel même ses cours d'auto-défense ne pourraient pas faire grand chose. Mais soit, s'il fallait en penser par là, Kiera ferait son boulot, surtout si c'était Wayland qui le lui demandait.

- Et depuis ce matin, la scientifique n'a toujours pas terminé ses analyses ? Je les aurais cru plus réactif dans une affaire comme celle-ci.

Difficile pour Kiera de se mettre dans la peau d'une personne qu'elle n'avait jamais vu avant le jour même et qu'elle ne connaissait pas. Qui plus est quand la personne en question n'avait à priori pas la même logique qu'elle face à certains événements traumatisants.

- J'irais voir la Police ou l'hôpital.

Quitte à être accusée de meurtre, Kiera préférait l'être dans un poste de la MET, là où le véritable assassin aurait moins de chance d'atteindre le seul témoin vivant de la tuerie qu'elle était hypothétiquement. Après cela, il serait bien temps de prouver son innocence.

- Mais clairement, ce n'est pas ce qu'elle a fait. Donc des amis qu'elle aurait pu se faire depuis qu'elle est arrivée.

Ce qui serait hautement stupide, pensa Kiera pour elle-même.

MessageMar 6 Mar - 17:46

Wayland
Russell

Les gens confondaient parfois, l'univers fictif des séries policières télévisuelles et la véritable réalité. Contrairement au premier, il fallait beaucoup plus de temps dans le second, pour y réaliser les analyses nécessaires aux preuves découvertes sur une scène de crime. La vie, la vraie, ce n'était pas un format de quarante-cinq minutes durant lesquels, l'intrigue devait avoir révélé sa conclusion pendant les six finales. Achevant la canette de bière d'une traite, Wayland exerça une pression sur cette dernière à l'aide de ses deux mains, afin de l’aplatir. Il l'envoya ensuite dans un vif mouvement, en direction de la table basse sur laquelle ses pieds reposaient. L'aluminium y fit un ricochet, puis un autre, avant de terminer sa course sur le plancher de l'appartement. Sans que l'homme ne donne l'impression d'éprouver la moindre gêne. Ce que confirma d'ailleurs, le rot sonore qui suivit le geste.

- La Met ne possédant pas d'échantillon du patrimoine génétique de cette Juliette dans leur base de données, il est compliqué pour eux, de le comparer avec les échantillons sanguins prélevés sur la scène de crime. Et comme la demoiselle est une ressortissante française, cela complique l'affaire avec la paperasse diplomatique et administrative. Tu as encore de la bière ?

Wayland sautait d’un sujet à l’autre, sans réelle transition. Et sans même attendre la réponse, venait de s'extirper du canapé occupé et se dirigeait déjà vers la petite cuisine ouverte sur le salon. Ramassant au passage, la canette précédente qui jonchait le sol, dans l'optique de lui faire les présentations avec la poubelle et les ordures qu'elle contenait. Kiera, commençant enfin à comprendre où il souhaitait la mener dans ses réflexions ; même si elle sautait une étape cruciale de son argumentaire ; fit naître un sourire sur le teint hâve de son visage.

- Ding, ding, ding, ding ! Nous avons ce soir à notre concours, une grande gagnante Messieurs Dames.

Le bruit caractéristique de la porte d'un réfrigérateur s'ouvrant.

- Effectivement, je suis sûr et certain que Juliette une fois blessé par l’assassin, est partie se réfugier dans sa chambre. Puis de là, s'est échappée du pav ... .

Accompagné bien rapidement, par ceux d'un homme farfouillant à l’intérieur. Sa voix, étouffée par le fait qu'il venait de passer la tête à l’intérieur de l’électroménager. Exprimant une interjection de satisfaction sous la forme d'un "aaaaah", Wayland claqua la porte du réfrigérateur, une canette de bière à la main.

- ... les étudiants du campus universitaire. Alors, qu'en penses-tu ! Tu acceptes de m'aider Kiera ?

MessageVen 9 Mar - 15:02

Kiera
Thornton

L’œil de plus en plus noir, Kiera observait le manège de son mentor avec sa canette et une grimaça déforma même un coin de sa bouche. Une hygiène déplorable et les manières d'un vieux garçon rustre et sans éducation. Il ne fallait pas chercher plus les raisons pour lesquelles Kiera évitait autant que possible de l'inviter chez elle. Cet homme était un désastre à plusieurs niveaux. Elle eut toutes les peines du monde à se rebrancher à la conversation sur Juliette. Nul doute que s'il s'agissait d'une personnalité française de premier plan, la MET se serait fait un plaisir de se bouger l'arrière-train plus rapidement. Mais là, une petite fille au pair de rien du tout, il n'allait pas non plus se mettre la rate au court bouillon pour si peu.

La jeune acquiesça concernant la bière et tandis que Wayland partait dans un nouveau monologue sur fond de jingle de jeu télé, Kiera se leva pour récupérer son ordinateur portable sur le canapé avant de retrouver son fauteuil. Elle avait eu de la chance que Wayland ne se soit pas assis dessus, avec sa grâce habituelle. Elle releva l'écran et ouvrit un onglet directement sur la page d'accueil du réseau social mondialement connu, d'un bleu foncé caractéristique. Elle y tapa les prénom et nom de la disparue et après quelques secondes de recherche, termina de trouver la personne qu'elle cherchait. Toutes les données s'affichèrent sans rechigner. Les jeunes... À les voir si désinvolte avec eux même, Kiera se sentait plus vieille qu'elle ne l'était en réalité.

Elle quitta l'écran des yeux un instant et fronça les sourcils quand elle ne capta plus les paroles de son mentor, qui avait la tête dans son réfrigérateur. Elle eut un petit soupir et attendit qu'il revienne pour ne comprendre que la fin de son laïus. Les étudiants, information qui devait expliquer pourquoi il avait spécifiquement besoin de son aide.

- Je n'ai pas compris la moitié de ce que vous avez dit, je ne suis pas dans le frigo, mais dans le salon. Mais donc, vous voulez que j'aille interroger les étudiants, c'est cela ?

Il était certain qu'à choisir entre elle et Wayland, Kiera avait bien plus une tête d'étudiante et passerait plus facilement inaperçue.

- N'est-ce pas la première chose que la MET va faire ?

Contenu sponsorisé
Message

Une jeune journaliste peut faire toute la différence. [Kiera]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Sujets similaires

-
» Tester votre ordi pour savoir si il peut faire tourner tel jeu.
» Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
» Ce qu'on peut faire avec un peu d'imagination (et un peu de savoir faire...)
» "Èzili fre li fre li Freda..." [Terminée]
» Les respects

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Uchronie :: Si votre avenir était le passé ! :: Vingt-et-unième siècle - Londre :: Inner London-