Partagez|

A la recherche de témoignages. [Kenneth]

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant
MessageLun 19 Fév - 16:46

Cooper
Llewelyn

[Lundi 19 février 2018 ; Faculté de science et technologie de Westminster]

La cloche de Big ben s'apprêtait à annoncer l'heure du déjeuner. Ce que venait de remarquer Cooper en jetant un rapide coup d’œil à la montre ornant son poignet. Il souffla plusieurs fois sur ses mains afin de les réchauffer, avant de les glisser à l'intérieur de ses poches de jean pour les conserver à l'abri du froid.

Celui-ci glacial, typique de l'hiver londonien balayait le petit parc de la faculté de Westminster qu'il remontait actuellement. En hâtant le pas, l'homme maugréa contre le mauvais temps hivernal, son partenaire bien au chaud dans les locaux de la MET et diverses petites choses sans réelles importances.

À peine eut-il franchit les portes du bâtiment, qu'un soupire de contentement jailli d'entre ses lèvres. À l'intérieur, la chaleur y était douce, agréable. Cooper agita les pans de son manteau pour chasser les flocons de neige s'y étant accrochés, étudiant du regard le hall dans lequel il venait de pénétrer. Il accorda un sourire charmeur à une jolie brune, lui demandant au passage s'il se trouvait bien au bon endroit.

Après confirmation de cette dernière, il lui adressa un signe de tête et entreprit de grimper les escaliers. La sonnerie marquant la fin des cours retentit tendit qu'il s’élevait dans les étages. Jurant entre ses dents, Cooper gravit les marches deux par deux en se pressant pour atteindre sa destination. C'est qu'il ne voulait pas manquer bêtement le jeune homme qu'il recherchait aujourd'hui.

La foule d'étudiants aux ventres affamés qui circulait à présent à travers les couloirs du bâtiment, était loin de lui faciliter le passage. L'agent du jouer des coudes afin de pouvoir atteindre la salle où les cours de Kenneth se déroulaient. La chance semblait lui sourire puisque celui-ci en sortie le dernier.

- Kenneth Fraser ? S'enquit-il tout de même pour être certain de ne pas faire erreur. Inspecteur Llwelyn de la Metropolitan Police ! Ajouta-t-il en lui dévoilant sa plaque d'inspecteur. Pouvez-vous m'accorder quelques instants afin de venir en aide à la police dans une enquête. Ce qui n'était évidement pas une question.

MessageMar 20 Fév - 2:20

Kenneth
Fraser


Kenneth était comme à son habitude dans les premiers gradins de l'amphithéâtre, afin de suivre au mieux son cours de biologie. Il était assis a côté de la même bande de joyeux luron qui l'avait accepté en début d'année. Le week-end de l'étudiant fut bien chargé il avait reçu de la famille chez lui et avait veillé jusqu'aux aurores, il était donc tout à fait naturel qu'il fut pour lui difficile de suivre le cours à cause de la fatigue mais aussi de son alcoolémie qui devait encore frôler les 2 grammes.

En s'installant Kenneth n'avait même pas remarqué que Juliette n'était pas là aujourd'hui. Il s'était contenté de s'affaisser sur sa chaise en sortant une feuille et un stylo pour se donner bonne conscience. Ce n'est qu'au milieu du cours et de sa décuve qu'il remarqua l'absence de la belle française, il décida donc de lui envoyer un message afin de s’enquérir de son état et de savoir si elle voulait qu'il passe chez elle lui donner les cours de la journée.

Le reste du cours passa sans encombre, entre coma et moment de conscience où l'étudiant studieux prenait au mieux des notes. Mais son esprit était ailleurs, il se demandait pourquoi Juliette n'était pas là aujourd'hui. Malgré le piteux état de Kenneth cela n'empêcha en rien ses amis de se moquer de lui à propos de sa difficulté à aligner deux mots. La dernière cuite de cette envergure datait d'avant son déménagement à Londres. Et midi sonna, sauvant cette pauvre âme en peine de ce long et incompréhensible cours. C'est avec toute la bonne volonté du monde qu'il se releva d'un mouvement sec pour partir en premier, mais l’alcoolémie le rappela vite à l'ordre l'obligeant à ralentir le rythme. Après avoir repris ses esprits Kenneth se dirigea vers la sortie.

Mais le meilleur restait à venir, à peine fut-il sorti de l'amphithéâtre où n inconnu l'aborda lui demandant d'abord son identité puis il sortit une plaque de police. Kenneth se redressa de tout son long, la gueule de bois disparaissant momentanément grâce à la magie de l'adrénaline. Après la surprise première, Kenneth garda son calme et son visage le plus décontracté possible dans ce genre de situation. Il n'avait rien à se reprocher, du moins ici à Londres. Il s'éclaircit la voix avant de répondre à l'inspecteur :

- Oui je suis bien Kenneth Fraser. Puis l'inspecteur lui demanda alors de le suivre, même s'il n'était pas du genre à paniquer, des sueurs froides commençaient à prendre le jeune homme qui s'efforcerait de garder son sang-froid.Heu... oui j'ai bien quelques minutes à vous accorder monsieur. Puis-je savoir à quel sujet ?

MessageMar 20 Fév - 18:22

Cooper
Llewelyn

Dès l'instant où la conversation se fut engagée, le regard olive de Cooper n'ait eu de cesse de scruter Kenneth, son attitude. L'inspecteur savait analyser les réactions psychologiques des personnes qu'il interrogeait. Le jeune homme en face de lui semblait tendu, nerveux, cela ne lui avait pas échappé.

- Inspecteur !

Le reprit-il gentiment avec son éternel sourire aux coins des lèvres. L'air affable qui affichait n'étant qu'une façade afin de mettre Kenneth à l'aise. Le rendre plus coopératif. Autour des deux hommes, la foule entreprenait de s'éparpiller.

- Vous ne semblez au meilleur de votre forme Monsieur Fraser ! Le teint pâle, les yeux bouffis et la mine harassée ne parvenaient à tromper quiconque déposant le regard sur lui. Week end mouvementé ou révisions intensives ?

Peu à peu, le couloir redevenait silencieux et les rares étudiants s'y attardant, ne pouvaient s’empêcher de jeter de discrets coups-d’œils dans leur direction. Familier de tels comportements, Cooper n'y prêtait plus attention à présent.

- Il me semble que le bâtiment d'à côté possède une cafète étudiante, que diriez-vous d'un bon café pendant que nous discuterons. Une fois encore, le ton ne sous-entendait nullement que le choix était de la partie. Cela ne pourrait que vous faire le plus grand bien. Et je ne dirais pas non pour me réchauffer un peu.

Cooper tendit le bras, invitant Kenneth à le précéder en direction des escaliers. L'un des principes fondamentaux apprit à l’académie de police était de ne jamais tourner le dos à un suspect. Bien que Kenneth ne semble mêler à tout ceci à première vue, il serait stupide de sa part de le considérer innocent jusqu'à preuve du contraire.

Cooper avait parfaitement conscience de n'avoir toujours pas révélé l'objet de sa présence à l'étudiant. Laisser conjecturer le suspect quelques minutes était toujours une excellente ligne de conduite afin d'en tirer quelques informations involontaires de sa part. Il poursuivit donc sur sa conversation badine le temps de descendre les escaliers et de rejoindre la fameuse cafétéria. A la porte de cette dernière, l'inspecteur se décida enfin par exposer la situation.

- Nous sommes à la recherche d'une jeune étudiante qui a disparu. D'après les renseignements obtenus jusqu'à présent, il semblerait que vous soyez l'un de ses proches amis. Connaissez-vous effectivement Juliette Lechevallier ?

MessageMar 20 Fév - 19:12

Kenneth
Fraser


Alors que le jeune étudiant tentait tant bien que mal à maintenir sa concentration sur la discussion avec l'inspecteur, ce dernier s'amusait avec lui. Relevant d'abord l'erreur dans la mention de son grade, puis l'état dans lequel était le jeune homme. Kenneth restait pour autant silencieux dans un premier temps, il ne connaissait que trop bien les techniques d'interrogatoire de la police. L'inspecteur voulait se donner un air sympathique et empathique dans un premier temps afin de gagner sa confiance et qu'il baisse sa garde. Le grand gaillard reprit alors plus confiance en lui et répondit :

- Effectivement, j'ai eu un week-end un peu difficile j'ai reçu de la famille chez moi afin de fêter la réussite de mes partiels.

Simple, efficace. Tel devait être sa ligne de conduite maintenant, ne pas trop en dire tout en restant coopérant. Faire croire que l'on rentre dans son jeu pour mieux en sortir.

- Effectivement une tasse de café me ferait le plus grand bien. Comme vous n'avez pas de carte étudiant pour payer moins cher au self laissez-moi vous l'offrir, Inspecteur. Dit le jeune homme en toute confiance.

Cette situation devenait un peu gênante, déjà que Kenneth évitait d'attirer sur lui les lumières des projecteurs cet inspecteur du haut de son mètre 70 venait tout juste de pousser notre protagoniste sur la grande scène. Des regards curieux abattant sur eux dès que l'homme brun eut sorti fièrement sa plaque d'inspecteur. Si ça ne tenait qu'a Kenneth, il lui aurait déjà fait manger. À peine aurait-il finit cet interrogatoire de couloir que tous les étudiants se rueraient pour savoir la raison de sa venue et poseraient un millier d'autres questions.

Mais alors qu'ils étaient sur le point de rentrer dans la cafétéria, le policier mentionna Juliette. Kenneth qui était alors sur le point de franchir le seuil de la pièce s'arrêta net. Il sentit son cœur se serrer, un inspecteur venait lui poser des questions son "amie proche". C'est la boule à l'estomac que Kenneth répondit le plus sincèrement à l'inspecteur :

- Oui, je connais Juliette. Il lui est arrivé quelque chose ? Elle n'était pas là ce matin, je m'inquiétais un peu mais là vous ne me rassurez pas.

Il invita alors l'inspecteur à s'asseoir à une table puis partie chercher les deux cafés. Il les posa sur la table, avec quelques sucrettes. Il prit alors une gorgée de café puis s'adressa à l'homme devant lui un regard inquiet pour son ami. Se pourrait-il que certains de ses anciens "amis" aient réussi à le retrouver ? Qu'ils s'en seraient pris à Juliette pour lui adresser un message . Toutes ses questions fusaient dans la tête du Wicca qui touillait doucement son café pour qu'il se refroidisse.

MessageJeu 22 Fév - 1:19

Cooper
Llewelyn

A priori, son interlocuteur ne semblait être informé du tragique événement survenu au courant de la nuit précédente. Soit cela, soit le jeune homme était un excellent comédien. Cooper penchait néanmoins pour la première des hypothèses. Car, si Kenneth disait vrai sur ses activités de fin de semaine, il était compréhensible que celui-ci ignore réellement les gros titres des quotidiens matinaux. Bien qu'à l'époque actuelle, les utilisateurs des réseaux sociaux ; comme Twitter ou Facebook pour ne citer qu'eux ; se faisaient un véritable devoir de récolter et relayer toutes les informations à longueur de journée. Et tout ceci évidement, sans même prendre la peine de vérifier l'exactitude des communiqués qu'ils publiaient en ligne. Au contraire de l'inspecteur, qui s’assurerait que les dires précédents concernant le week-end de l'étudiant étaient véridiques. Ce n'est pas tant qu'il tenait à mettre la parole du jeune homme en doute. Simplement, son métier exigeait des faits étayés sur des preuves solides.

- Effectivement, il est advenu quelque chose de très grave à votre amie.

Cooper ne put en révéler davantage à Kenneth, puisque celui-ci se hâta de rejoindre le comptoir pour y passer commande. Dans la précipitation, l'inspecteur n'avait eu le temps de décliner la proposition de se faire offrir le café. Point qu'il n'appréciait la sollicitude de l'étudiant concernant ses finances ; personne de sain d'esprit ne refusait de profiter d'une ristourne ; malheureusement, ce simple geste pouvait s’apparenter à de la corruption de fonctionnaire.

Profitant d'être le seul occupant à la table où il venait de s'installer, Cooper sortit d'une des poches de son manteau, un petit calepin noir ainsi qu'un stylo à bille à pointe rétractable. En y griffonnant quelques notes, l'inspecteur ne pouvait empêcher son regard de revenir constamment se déposer sur la silhouette de Kenneth. Qui revint assez rapidement avec deux tasses fumantes entre les mains. Ignorant les doses de sucres les accompagnants : il préférait son café noir et corsé ; il troqua le stylo contre l'anse de la tasse puis, la mut jusqu'à ces lèvres. Cette première gorgée du délicieux breuvage amorça le réchauffement de son corps.

- Combien vous dois-je pour le café ? S'enquit-il en reposant la tasse sur la table séparant les deux hommes. Je sais que vous ne pensez pas à mal en voulant me l'offrir, mais la loi m'interdit d'accepter ce geste.

Profitant de ses explications pour extraire son porte-monnaie de la poche de son jean, Cooper attendait à présent de savoir la somme déboursée afin de rembourser Kenneth sur-le-champ. Les bons comptes faisaient les bons amis après tout. Une fois que l'argent eut changé de main, il fut libre de poursuivre la conversation initiale.

- Au vu de votre réaction, je suppose que vous n'êtes pas encore au courant de la tragédie ayant frappé Wimbledon ?

Son regard olive scrutait une nouvelle fois l'attitude de Kenneth suite aux déclarations qu'il était en train d'exprimer. Les premières réactions d'un témoin en révélaient toujours davantage sur ce dernier qu'il ne pouvait se l'imaginer.

- La famille qui hébergeait et employait Juliette a été sauvagement assassinée au courant de la soirée dans le pavillon où elle vivait. Nos agents n'ont retrouvé nulle trace de votre amie et nous ne parvenons à la localiser.

Il marqua une courte pause de quelques secondes, afin de permettre à l'étudiant de bien assimiler ses paroles, avant de continuer.

- Me permettez-vous de vous poser quelques questions afin de cerner la personnalité de Juliette et de déterminer son état d'esprit ainsi que son emploi du temps au moment des faits ?

Question qui était évidemment purement rhétorique. Kenneth le savait par moult expériences personnelles. Il était libre de s'exprimer ici et s'il refusait de parler, la conversation se terminerait dans un endroit bien plus formel... comme les locaux de la MET !

MessageJeu 22 Fév - 17:28

Kenneth
Fraser


Le jeune homme fut surpris de la requête de son interlocuteur, puis il comprit que sa générosité mettait l'inspecteur en porte-à-faux. Il ne chercha donc pas à forcer la main de celui qui allait lui annoncer une mauvaise nouvelle. Il récupéra alors son dû. L'inspecteur avait sorti de quoi noter sur la table pendant que Kenneth était parti chercher les deux tasses, mais son attention revient vite sur le visage de son interlocuteur quand il parla de "tragédie" dans le quartier de Wimbledon. Kenneth venait de prendre une gorgée de café mais, manqua presque de s'étouffer. Malgré toute son envie, il n'arrivait pas à trahir l'inquiétude qui le rongeait à l'intérieur. Une tragédie ? Qu'est-ce que cela voulait dire ?

Puis vint le moment de la révélation, les hôtes de Juliette étaient mort, et la belle française introuvable. Kenneth fut à la fois soulagé et encore plus inquiet a cette annonce, il restait une chance que celle qu'il aimait ;  même s'il ne se l'était pas encore avoué ; soit toujours en vie. Il prit une grande respiration afin de mieux encaisser cette nouvelle, ses nerfs étaient solides mais avec l'alcool en plus, c'était plus compliqué de cacher ses vraies réactions. C'est avec une voix hésitante au début mais se reprenant rapidement que l'étudiant demanda :

- Est-ce que l'on a une idée de qui a put faire cette atrocité ?

Même s'il savait que le policier répondrait une banalité du genre "A ce stade de l'enquête nous ne pouvons pas nous prononcer" ou autre répliques pourries de flic ne sachant pas quoi répondre. Il espérait que l'inspecteur lui donne un indice sur la possible position de Juliette, ou de son agresseur. Puis vinrent les fameuses questions, il était à charge de Kenneth de décrire le mieux possible sa camarade et de dire son emploi du temps. Le problème ? Il n'était pas habitué à parler aux forces de l'ordre, il y à peine 5 ans en arrière il aurait craché au visage de l'inspecteur. Mais c'était pour l'instant son meilleur allié, il ne pouvait compter sur personne d'autre, la coopération était donc de mise. Avec parfois un sourire niais sur le visage, Kenneh entreprit de décrit Juliette :

- Juliette est de ce genre de femme à qui rien ne fait peur, elle est indépendante et forte d'esprit. Quand elle a une idée en tête je n'en connais pas beaucoup qui peuvent lui tenir tête ou même lui faire changer d'idée. Elle est assez sportive, nous allons en général courir un jour sur deux au stade de la faculté. Et que dire de plus, elle doit faire 1m60 - 65, elle a des cheveux lisses et bruns arrivant au niveau des épaules quand ils sont relâchés. Elle a les yeux bruns. Et en ce qui concerne l'emploi du temps de ce week-end, je n'ai pas tellement d'idées que ce qu'elle a bien pu faire. Il sortit son téléphone afin de vérifier les derniers messages qu’elle avait pu lui envoyer. Aux dernières nouvelles, vers 17h30 elle était chez les Weavers. Je voulais l'inviter pour qu'elle ne passe pas la soirée toute seule. Si seulement j'avais eu le courage de le faire.

Kenneth sentit en lui une colère, une colère sourde. Celle qu'il avait réussi à enterrer commençait à refaire surface, lentement mais surement. Ses mains commencèrent à trembler, non pas parce qu'il avait peur mais parce que chacun de ses muscles se contractait. Il  repris alors une grande bouffée d'air avant de réussir à se calmer, du moins en apparence.

MessageVen 23 Fév - 20:16

Cooper
Llewelyn

Kenneth faisait bien, de ne s'attendre à autre chose que des platitudes dans la prochaine réplique de l'inspecteur Llewelyn. À quelques mots près, le jeune homme connaissait la manière de fonctionner des forces de l'ordre quasiment par cœur.

- À ce stade de l'enquête, nous ne sommes en mesure de nous prononcer.

Une affirmation qui se révélait bien évidemment mensongère. Conjecturer sur les raisons qui déterminent un homicide ou son auteur s'amorçait dans l'esprit des agents de police, dès l'instant où ces derniers déposaient le pied sur une scène de crime. Sauf qu'entre suppositions et réalité, il y avait un gouffre. Accusé une personne sans preuves concrètes revenait à lancer une véritable chasse à la sorcière. Pour éviter cela, Cooper avait été entraîner à répondre ce genre de platitudes avec automatisme.  

Kenneth était très coopératif. Trop peut-être ! Non à la manière de ses femmes appréciant de colporter des cancans, qui parlaient surtout pour ne rien dire. Simplement, le jeune homme venait de prononcer un petit laïus mal structuré, dont les informations lui venant sans doute à l'esprit au fur et à mesure que les mots jaillissaient d'entre ses lèvres. L'intonation affectueuse dont il avait usé dans son discours, ce léger sourire empli de niaiserie apparut sur son visage, l'inquiétude qui luisait dans son regard. Tous ses signes trahissaient les inclinaisons de son cœur. Cooper ne pouvait lui en tenir rigueur.

- Allons, allons, doucement ! Lui intima-t-il gentiment afin de ne pas froisser sa susceptibilité. Votre empressement à me répondre est fort appréciable Mr Fraser mais, me sortir les premières choses qui vous traversent l'esprit ne nous seront d'aucune utilité pour retrouver Juliette. Vouloir vous rendre responsable de sa situation également. Ni vous, ni personne d'autre n'aurait pu se douter un seul instant, du drame qui allait survenir.

Cooper reprit une gorgée de son café avant de se saisir à nouveau du stylo à bille. Il prit le temps de noter quelques informations transmissent par Kenneth tout en s'exprimant en parallèle.

- Je ne voudrais pas entretenir de faux espoirs mais, nous avons bon espoir que votre amie soit toujours en vie. Dans ce genre de situation, la rapidité d'action est souvent la clef de la réussite dans les affaires d’enlèvements et de disparitions. Maintenant, si vous voulez bien m'accorder le temps nécessaire pour poser mes questions !

Le ton employé par l'inspecteur était poli mais, ferme. Pas question de sauter du coq à l'âne par excès de zèle.

- Depuis combien de temps connaissez-vous Juliette ?

MessageSam 24 Fév - 0:31

Kenneth
Fraser


Comme il s'y attendait l'officier de police ne répondit à sa question que par la traditionnelle phrase d'esquive, mais il ne pouvait lui en vouloir car il comprenait bien qu'il était maintenu au secret professionnel. Alors que l'étudiant déballait sans vraiment réfléchir, il faut bien se l'avouer, tout ce qu'il lui passait par l'esprit à propos de Juliette, l'inspecteur continuait de l'analyser. Et ça, ça avait le don de mettre notre jeune homme sur les nerfs. Il avait été confronté trop de fois à ce regard inquisiteur qui cherche la moindre faille dans son interlocuteur afin de s'y engouffrer. Mais pour une fois ce n'était pas lui le coupable, il n'avait rien à craindre de ce regard, du moins pour le moment.

La remarque du policier, en plus d'être faussement amicale, toucha une corde sensible. C'était l'une des rares fois où il était disposé à coopérer à la police et cet inspecteur se permettait de le reprendre ainsi. Kenneth sentit une nouvelle fois chacune de ses fibres musculaires se contracter. Son regard devint aussi plus froid, plus agressif. Mais il espérait qu'au fond l'homme en face de lui éprouvait comme chaque être humain de l'empathie. Quand l'inspecteur tenta de rassurer l'étudiant le regard de ce dernier alourdi encore. Il avait déjà connu des histoires d'enlèvement et en général ça finissait pas bien pour la personne kidnappée. Mais bon, il semblait sincère et impliqué dans son travail, pas comme les officiers que l'ancien gangster avait déjà croisés.

L'officier Llewelyn, demanda alors depuis quand Kenneth connaissait la française. L'étudiant prit alors une pause de quelques secondes avant de répondre calmement :

- Je connais Juliette depuis le mois d'octobre, mais cela doit faire à peine depuis mi-décembre que nous sommes devenus plus proches.

MessageDim 25 Fév - 17:54

Cooper
Llewelyn

"De tous les conseillers, la colère est le pire". Ce proverbe trouvait du sens en la situation actuelle. L'emportement intérieur dont faisait preuve Kenneth et qui rejaillissait au niveau de son regard, encore une fois ne passait inaperçue. Un tel comportement lors d'un interrogatoire des forces de l'ordre pouvait se révéler préjudiciable ... pour la personne interpellée. La démarcation entre témoin et suspect était extrêmement infime. À tel point que Kenneth pouvait rapidement être classé dans la seconde catégorie par l'inspecteur Llewelyn, s'il ne parvenait à se maîtriser à chaque intervention verbale de ce dernier. Son travail était de prouver l'innocence ou la culpabilité, en se basant sur des faits et non de simple a priori.

Cooper poursuivit sa prise de notes ; de son écriture serrée ; noircissant la page de son carnet d'informations données par l'étudiant mais, également de réflexions personnelles.

- Juliette est-elle plutôt casanière ou bien fêtarde ?

La question pouvait paraître manquer d'originalité, de la réponse cependant dépendrait l'orientation des recherches et de la suite de l'enquête. Cooper hésita quelques secondes. Secondes durant lesquelles, l'inspecteur mit ce temps à profit pour prendre une nouvelle gorgée de café.

- Est-elle célibataire ?

MessageDim 25 Fév - 20:50

Kenneth
Fraser


"Et le voilà reparti, à noter la moindre chose pouvant se révéler être suspect ! Et ma main dans ta gueule ça sera assez suspect pour toi ? " Pensa en douce l'étudiant.

Mais après avoir fait semblant de réfléchir pendant quelques instants, Kenneth profita de cet instant pour canaliser ses émotions afin de se recentrer sur l'essentiel, Juliette. Même si ça lui arrachait un bras, voir les deux, il se devait de coopérer du mieux qu'il pouvait avec les forces de l'ordre. En plus avec ce qu'il avait dans la doublure de sa veste, il ne serait pas de bon augure qu'il finisse au commissariat.

Les deux questions de l'inspecteur étant d'une originalité à toute épreuve, Kenneth prit le temps de répondre posément ;

- Elle aime bien faire la fête, mais son côté sérieux prend souvent le dessus. Elle n'est jamais contre sortir boire une bière a un bar, mais en général rentre tôt. Puis une pause, pendant laquelle le jeune homme prit le temps de réfléchir à la relation qu'il entretenait avec l'étudiante française. De ce que je sache elle est célibataire.

Les deux étaient proches, très proches même d'après les amis de Kenneth. Mais jusque là maintenant que la question se présentait, il se demandait si elle voyait quelqu'un. Il sentit son ventre se tordre, pourquoi cela l'affectait ainsi "Ce n'est qu'une bonne amie" se répétait en boucle Kenneth. Il analysa alors tous les moments qu'il avait passés avec la belle française, il revoyait son visage, son sourire, ses yeux, ses cheveux, ses courbes prononcés sans être vulgaire, sa démarche. Tout, tout chez elle l'attirait. Il s'était déjà surpris à sourire bêtement lorsqu'il recevait un de ses SMS. Pour tant il n'avait jamais pensé à elle de cette manière. "C'est quand une personne n'est plus là, qu'on se rend compte à quel point on tenait à elle", cette citation décrivait à la perfection l'état mental de Kenneth lors de l'annonce de la disparition de Juliette.

Contenu sponsorisé
Message

A la recherche de témoignages. [Kenneth]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Uchronie :: Si votre avenir était le passé ! :: Vingt-et-unième siècle - Londre :: Inner London-