Partagez|

Assouvir sa catharsis. [Nikol]

MessageLun 19 Fév - 22:03

Wayne
Cree

[Lundi 19 février 2018 - Wimbledon]

L'obscurité était tombée sur le Grand Londres depuis deux bonnes heures. Bien que la neige de l'hiver recouvrît les districts de son blanc manteau, les fêtes de fin d'année avaient trouvé leurs conclusions au début de la nouvelle. Les rues à présent éclairées par la seule lumière des lampadaires, voyaient les passants les empruntant, se hâter de regagner leurs chaleureux foyers.

C'était d'ailleurs le cas du jeune homme à la chevelure châtain que les brises glaciales du vent ébouriffaient en tout sens. Il quitta la rue principale, s'engouffrant sur sa gauche dans une rue moins passante, vide et silencieuse. Une cloche d'église sonnant quelque part au loin, le fit sursauter. Vingt-et-une heure déjà ? Perdu dans ses rêveries, il n'avait vu le temps s'écouler.

Wayne avait perdu la notion de celui-ci dès l'instant où il s'était engouffré ; comme tant d'autres londoniens à la fin d'une longue journée de labeur ; dans la bouche de métro la plus proche de sa librairie. Installé inconfortablement dans la rame, il avait passé une heure de voyage à rêvasser, plongé dans le roman fantasy qu'il lisait en ce moment. Bien souvent il lui arrivait à cause de cela, d'oublier de descendre au moment opportun à la station. Cette soirée-là n'ayant pas dérogé à ses habitudes, voilà qu'une demi-heure encore venait d'être perdue à rebroussé chemin.

Ce dernier justement, venait de mener ses pas devant le petit pavillon où avait eu lieu le triple-homicide faisant la Une de toute la presse et réseaux sociaux. La demeure, plongée dans l'obscurité, si calme, si paisible, que les rubans jaunes utilisés par la police semblaient n'être qu'un ultime vestige du drame qui venait d'y avoir lieu.

Wayne fit une halte sur le trottoir y faisant face. Il contempla quelques instants le théâtre de cette terrible tragédie en silence. Ces gens-là, il les connaissait. Oh ! À peine. Ce n'était que de vagues connaissances de quartier mais, tout de même. Il les saluait lorsqu'ils se croisaient dans la rue ou échangeait quelques paroles rapides à la boulangerie... Le jeune homme n'était pas très croyant en général pourtant, il ressentit le besoin d'adresser une prière pour le repos de leurs âmes.

Par contre, Wayne s'inquiétait pour Juliette, la jeune fille au pair que le couple employait à son service. Elle était une fidèle cliente de sa librairie "Pandora's box" et se rapprochait le plus d'une amie pour lui dans ce quartier où il n'habitait que depuis six mois. Où pouvait-elle donc se trouver en ce moment même ? Que lui était-il arrivé ? Et le plus important surtout, était-elle toujours vivante ?

La pluie commençait à tomber sur son corps immobile tendit qu'il continuait à fixer le papillon endormit.

MessageLun 26 Fév - 22:48

Nikol

Fin des fêtes de fin d'année : l'heure est aux bilans qualitatif et quantitatif.

Pour les sociologues de cette époque, il persiste un mystère macabre. Chaque année, et ce dès la fin de l'été, le nombre de morts et de suicides augmente progressivement, accélère subitement en Décembre et atteint un point culminant le 1er Janvier.

Pour Nikol, cela n'a rien d'un mystère, c'est du pain béni… si l'on peut se permettre cette expression.

Regardez ces familles " unies " , regardez ces couples " heureux "… ils ne se supportent plus. Ils n'aiment que cette image fantasmée de leurs proches, redoutent l'image qu'ils doivent défendre et des sacrifices que cela implique. Et parmi ces hypocrites, Miss Květoslava prospérait : tous ces non-dits, cette honte refoulée, c'était son fonds de commerce. Beaucoup finissent par opter pour une fin prématurée et salvatrice.... souvent plus douloureuse que ce à quoi on pourrait s'attendre.

Un couple rit aux éclats. Regard méprisant et dégouté : est-il conscient qu'elle est de cette engeance avec cette nauséabonde odeur de chien mouillé ? Comment fait-il pour ne pas le sentir ? Pathétique. La vampire s'imaginait les tortures psychologiques - et physiques - qu'elle pourrait leur infliger, lorsque qu'une cloche d'église la tira de ses agréables réflexions.

Habituée et parfaitement adaptée à sa condition vampirique, elle avait eu la chance de poursuivre ses très anciennes aspirations de vie… malgré quelques désagréments. Elle tâchait toutefois d'installer une routine avec cette traditionnelle balade nocturne. Récemment arrivée dans la banlieue londonienne, il était crucial qu'elle " s'intègre " au folklore local et à cette ennuyeuse populace.

La sécurité c'est l'habitude, la routine c'est la couverture.

Du coin de l'œil, une vision lui souleva le cœur : un sans-abri ronflait dans ses vomissures, et les effluves écœurantes d'urine, d'alcool et de crasse lui donnait des envies de meurtre. Mais en rien la créature nocturne ne s'abaisserait à se salir sur ce genre de rognure de la société. Aussi afin d'éviter ce spectacle insupportable, ses yeux sombres se concentrèrent sur les gros titres du journal déjà poisseux et souillé qui couvrait la tête du pauvre hère.

" Triple homicide à Wimbledon ", susurrait-elle entre ses canines, " Une famille a été totalement décimée ".

Parcourant rapidement les accroches de cette une, Nikol se surprit d'un sourire. Il lui semblait en effet être passer devant le pavillon morbide quelques instants plus tôt.

D'un volte-face, elle s'épargna d'inutiles souffrances olfactives et d'un pas prédateur elle reprit le chemin vers la mortuaire demeure.

Une pluie fine commençait à tomber sur son corps en mouvement. Dans cette nuit qui s'annonçait épaisse, elle se déplaçait avec une grâce furtive et féline vers ce qu'elle pressentait comme une œuvre intéressante et ambitieuse. Des papillons lui chatouillaient le ventre dès que l'évocation des horreurs qui ont pu avoir lieu s'imposait dans son esprit sadique.

Qui plus est, l'affaire s'annonçait être un défi palpitant : qu'était-il arrivé à cette fille au pair ?

Ralentissant son rythme, elle finit par s'arrêter devant le fameux pavillon. La traque allait commencer.

MessageJeu 1 Mar - 18:35

Finnbheara

La rue, bordée de modestes pavillons parfaitement semblables à celui dissimulant aux regards d'autrui, le décors macabre des événements survenus la veille, était plongée dans le silence. Seuls les grincements du portail en fer forgé défraîchi par le temps ; résultant du brimbalement au gré du vent de l'une de ses portes ; perturbaient la quiétude de cette dernière par intermittence.

La demeure endormit des Weavers, plongée dans l'obscurité, contrastait avec la vibrante énergie pleine de vie de ses voisines.

Les effluves de mort flottant dans l'atmosphère, provoquèrent une certaine exaltation du sadisme de Nikol. Un souffle de brise plus puissant que les précédents, entrebâilla à demi la porte du portail branlant, telle une invitation à s'avancer à l'intérieur.

Soudain, à l'une des fenêtres de l'étage du pavillon, une faible clarté venait de poindre.

Un phénomène qui parut susciter l'intérêt de la seconde personne présent, puisque celle-ci franchit la chaussée les séparant. Wayne ; inconscient du dangereux prédateur camouflé sous une apparence juvénile ; vint se placer aux côtés de la Vampire.

- C'est étrange n'est ce pas ! Cette lumière ... là-haut. Exprima-t-il d'un ton alarmé, en désignant d'un doigt pointé dans la direction, ce dont il parlait.

MessageLun 5 Mar - 19:53

Nikol

Il y avait un je-ne-sais-quoi dans l'air. Un fumet désagréable , léger mais persistant. Une odeur à la fois familière, à la fois irritante. Mlle Květoslava fronçait du nez en contemplant le théâtre du triple homicide. Quelque chose clochait. Et comble du comble, survint deux éléments incongrus :

1. Une faible lumière venait inopinément de s'inviter à l'étage du bâtiment
2. Le " fumet " désagréable venait de prendre l'identité d'un jeune imbécile, apparemment hébété comme un lapin prit dans les pleins phares d'une voiture. Sauf que ce n'était pas des pleins phares, mais une clarté suspecte ; ce n'était pas un lapin, mais une cochonnerie qui avait trainé près d'un chenil…. ou pire.

Ce deuxième point, potentiellement irritant pour la prédatrice, laissait dessiner de nouvelles possibilités. Le benêt ne s'en rendait pas compte, mais il fournirait un excellent mobile à une présence non désirée dans les lieux du meurtre. Faisant fi de ses aigreurs d'estomac, Nikol attendrit son regard d'acier, transforma sa grimace carnassière  en sourire avenant et espiègle :

- Bonsoir ! C'est en effet très étrange ! Ces lieux ne sont-ils pas sous clés depuis cette macabre histoire de meurtre ? C'est bizarre…

S'avançant vers le portail, elle poursuivit :

- Bah ! Ca ne pourra pas nous être reproché d'y jeter un coup d'œil, hein ?

Elle poussa le portail, et effectua quelques pas vers la porte du pavillon, se retourna subitement, hilare :

- Et bien alors ?! Tu te ramènes ? Au fait, moi c'est Eléna !

MessageJeu 8 Mar - 16:20

Wayne
Cree

Wayne acquiesça d'un signe de la tête afin de confirmer les propos de l'inconnue. Lorsqu'il abaissa son regard dans la direction de la jeune femme, face à ce sourire avenant et espiègle, il ne put que lui rendre la pareille. L'espièglerie en moins naturellement.

- A priori, si les autorités ont bien fait leur travail alors, oui effectivement les lieux devraient être placés sous scellés.

Son attention, toujours accaparée par l'étrangeté de la lumière, ramena son regard vers son orientation initiale. Il s'interrogeait sur la provenance de cette lueur et surtout, sur l'identité de la personne évoluant à l’intérieur de la demeure. Il y avait trois scénarios possibles comme explication à la présence de cette dernière : soit, il s’agissait de l'assassin bravant les scellés pour X raison soit, Juliette était venue se cacher au seul endroit où l'on ne penserait à venir la chercher soit, ces vautours de journalistes farfouillaient à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dents.

Wayne avait perçu des bribes de paroles émanant des lèvres de l’inconnue mais, trop absorbé par ses nombreuses pensées, le sens de ces dernières n'était parvenu immédiatement à son cerveau. Lorsqu'enfin, il réalisa ce que l'inconnue comptait faire, le jeune homme eut un sursaut sous l'effet de la surprise. Il tendit par automatisme le bras pour la retenir mais, sa main se referma sur le vide. Les quelques secondes de flottement avaient suffi à la jeune femme pour que celle-ci puisse s'engager dans la petite allée pavée menant à la porte d'entrée du pavillon.

- Eléna ! Attend. Ça pourrait-être dangereux ...  

Si la première de ses hypothèses se confirmait juste, cela pourrait être le cas. Et s'il avait tort, techniquement pénétrer dans une maison placée sous scellés par les forces de l'ordre, était passible d'une peine emprisonnement. Wayne passa une main au niveau de sa chevelure, hésitant sur la marche à suivre. Bien que le jeune homme connaissait à peine cette Eléna, il comprenait qu'elle était ce genre de personne impossible à faire changer d'avis. Surtout une fois que l'idée était ancrée dans son esprit.

Le libraire ne ressemblait en rien au chevalier défendant la veuve et l’orphelin. Plus intellectuel que physique, il n'était pas intéressé par la fonte à soulever. Il n'était pas non plus, le plus courageux des hommes. Mais, il avait été éduquer par un code de l'honneur très strict et il ne pourrait pas contempler son reflet dans le miroir demain matin, s'il laissait la jeune femme aller seul au-devant d'un potentiel danger.

- J'arrive ! Lâcha-t-il finalement en lui emboîtant le pas. Avant de faire quoi que ce soit d'irréfléchi, on va déjà faire le tour de la maison pour essayer de découvrir la moindre trace d'effraction. Oh ! Et moi c'est Wayne au faite.

MessageLun 12 Mar - 23:11

Nikol

Le jeune cul-cul la praline était tombé dans le panneau ; les imbéciles dans son genre sont tellement prévisibles. " Wayne " allait peut-être se montrer utile, mais dans l'immédiat il jouait au timoré. Faire le tour pour vérifier les traces d'effraction ? La vampire s'en souciait comme d'une guigne. Quelqu'un était manifestement à l'étage, et l'adage dit que l'assassin revient toujours sur le lieu du crime.

Pas besoin de perdre de précieuses minutes de traque en gambadant à l'extérieur. Nicole chassa derechef ces considérations, conserva son masque juvénile et intrépide.

- Wayne ? Enchantée ! Voilà ce que je propose, on se disperse pour faire rapidement le tour. Mais chut ! On ne voudrait pas alerter tout le voisinage, n'est-ce pas ?

Faisant mine de s'orienter silencieusement dans une direction, la prédatrice surveillait le jeune homme s'avancer gauchement et timidement de l'autre côté. Sa démarche pataude et son physique filiforme ne laisse en rien penser que le benêt était féru de sport.

Son attitude soi-disant prudente - voir même carrément frileuse - ne voulait pas non plus dire qu'il avait la tête sur les épaules. Après tout… qui suivrait une inconnue, la nuit tombée, sur la scène d'un crime ?

Alors que le dénommé Wayne lui tournait le dos, Mlle Květoslava usa d'un de ses nombreux talent - vampirique celui-ci- pour diminuer l'acuité auditive de sa victime. Quelques secondes suffiraient.

Elle força rapidement une fenêtre du rez-de-chaussée et s'introduisit furtivement dans le pavillon.

Réprimant un petit cri d'extase, Nikol admira le chaos mortifère qui régnait dans les lieux. Mais bien vite la surprise laissa place à une déception : c'était un travail peu soigné, il y en avait partout. Et il manquait quelque chose à ce tableau : le plaisir, la jouissance. C'était…frustrant.

Il lui semblait entendre quelque chose à l'étage. L'heure était donc venue de mettre à contribution son partenaire improvisé d'effraction. Prenant appui sur la fenêtre, elle attendait que l'olfactivement déplaisant Wayne revienne par ici….

MessageVen 16 Mar - 16:22

Wayne
Cree

- Wayne oui c'est ça. Heu ... moi de même Eléna !

Sur l'instant, le propriétaire de la librairie "Pandora's Box" considérait les civilités hors contexte en vue du délit, qu'ensemble ils s’apprêtaient à commettre. Tant bien même mineur, une effraction était considéré aux yeux de la loi comme une infraction punie de peine correctionnelle. C'est qu'il n'avait point envie, de se retrouver à l'ombre des barreaux durant une durée indéterminée. Uniquement pour les beaux yeux d'Eléna en plus. Wayne, s'accorda quelques secondes de réflexion, pour considérer la suggestion de la jeune femme. L'envie de se séparer n'était pas ce qu'il éprouvait actuellement mais, cela leur ferait gagner indubitable du temps et une fois, qu'ils auraient constaté de visu que personne n'avait commis la moindre violation de domicile, ils pourraient tous les deux regagner leurs pénates. Il acquiesça finalement d'un mouvement de tête à la proposition.

- D'accord ! Heu ... ouai, ça ne serait pas du luxe d'éviter que l'un des voisins n’alerte la police.

À propos, ne devraient-ils pas en faire de même ? La prudence dictait de téléphoner aux forces de l'ordre afin de signaler l'étrange lueur. Et, les laisser intervenir sur la scène de crime. Cela éviterait la moindre prise de risque ! Tout en y réfléchissant, Wayne venait de faire quelques pas sur la gauche, offrant ainsi involontairement le signal pour se mettre en branle. Impossible désormais de faire marche arrière puisqu'Eléna venait d'en profiter pour disparaître à l'angle opposé du pavillon.

À présent qu'il se retrouvait au pied du mur, Wayne n'eut d'autres choix que d'avancer et de faire le tour, comme il venait d'être convenu entre les deux jeunes gens. Une tâche qu'il effectua avec célérité, sans discerner la moindre effraction de ce côté-ci. Lui, qui pensait la rejoindre au niveau de l'arrière de la demeure, fut surpris de s'y retrouver seul. Ce pouvait-il, qu'elle ait remarqué quelque chose sur son parcours ? Sans prendre la peine, de vérifier la porte qui donnait sur le jardin attenant au pavillon, Wayne hâta le pas pour franchir les quelques mètres le séparant de la partie opposée à la sienne. Y découvrant avec surprise, la tête d'Eléna dépassant de l'une des fenêtres du rez-de-chaussée.

- Mais ... mais pourquoi es-tu entrer sans m’attendre ? Articula-t-il à voix base en s'approchant de la fameuse fenêtre. Lorsqu'il l'eut atteint, Wayne du lever les yeux afin de déposer son regard sur la jeune femme. Tu ne devrais pas rester à l’intérieur Eléna, surtout si quelqu'un d'autre s'y trouve déjà. Descend de là et éloignons-nous pour avertir la police.

Contenu sponsorisé
Message

Assouvir sa catharsis. [Nikol]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Uchronie :: Si votre avenir était le passé ! :: Vingt-et-unième siècle - Londre :: Outer London-