Partagez|

Nouveau départ ? [Geillis]

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant
MessageMar 20 Fév - 20:28

Peter
Carson

[Mardi 20 février 2018 ; Hôtel particulier Kincaid]

Le soleil se levait et de la buée caractéristique d'un temps froid et humide recouvrait les vitres. D'un geste vif et sans prévenir, Peter, distingué majordome de la famille Kincaid, tira les rideaux qui occultaient la lumière extérieure. Malchance ou fait exprès, les rayons du soleil tapèrent directement sur le visage endormi de la résidente des lieux. Sans aucune compassion et parce qu'il était d'utilité reconnue d'aérer les chambres ou n'importe quelle pièce d'une maison, il entreprit également d'ouvrir un battant de la fenêtre pour laisser l'air frais (voire très froid) s'engouffrer dans la chambre. Satisfait, Peter se retourna finalement vers le lit occupé.

Il était arrivé à l'hôtel particulier Kincaid quelques jours auparavant, avec les valises... mais sans la propriétaire des lieux. Il estimait qu'une petite vengeance s'imposer, sous couvert de "faire son travail". Depuis la mort de ses parents et de sa fratrie, Peter estimait qu'il était de son devoir de veiller sur Geillis, mais cette gamine ne lui facilitait décidément pas la tâche. Quand il était gamin, il n'aurait jamais eu l'idée de disparaître dans la nature sans prévenir personne, au risque de se prendre une raclée dont il se souviendrait encore aujourd'hui. Vraiment, les choses avaient beaucoup changé, et pas qu'en bien. Il n'y avait plus de respect dans la société du XXIème siècle. Il était certain qu'elle n'avait pas eu une pensée pour l'inquiétude qu'il aurait de ne pas savoir où elle se trouvait, avec qui, à quoi faire... Enfin, il avait peut-être bien une idée de ce qu'elle avait fait, même s'il ne cautionnait pas. Il devrait peut-être méditer sur la possibilité de l'enfermer à double-tour dans la cave.

- Je suis fort aise de remarquer que vous avez finalement daigné faire acte de présence en ces lieux. Quelle tâche méritait que vous fassiez un tel détour ?

Si la réponse ne le satisfaisait pas, Peter se réservait le droit de lui faire passer l'envie de recommencer à sa manière.

MessageMer 21 Fév - 17:53

Geillis
Kincaid Dewar

Ladite occupante du lit manifesta son mécontentement par l’intermédiaire de grognements. Avant d'assourdir ses protestations gutturales, en s'emmitouflant profondément la tête sous les couvertures. Ce qui lui permit d'échapper à la lumière du jour. Ainsi qu'à la brise glaciale de l'hiver londonien. La jeune femme ne désirait qu'une chose, rejoindre à nouveau les bras de Morphée pour y roupiller tout son soûl. Étant si éreintée, qu'elle y parvient en quelques secondes. Ses mouvements furent donc ponctués par une respiration du nez typique dans le sommeil. Geillis, ronfler ? Jamais ! Étant une lady de la noblesse, tout au plus ronronnait-elle légèrement de contentement.

Ses pérégrinations jusqu'à Londres avaient été exténuantes et son arrivée à l'hôtel particulier de sa famille, extrêmement tardive. Carson était un monstre en désirant la priver ainsi d'un repos amplement mérité. Celui-ci n'étant homme à se contenter de courtes et mesquines petites actions, décida donc d’engager la conversation. Il en avait parfaitement conscience le bougre, que tous les principes de bienséance enseignés depuis l'enfance par sa mère, forceraient Geillis à lui répondre en retour.

Soulevant une paupière, puis la seconde, la jeune femme émit un bâillement audible en s'étirant sous l'édredon de plumes. Geillis passa une main dans sa chevelure emmêlée, observant le vieux majordome lui faisant face d'un regard ensommeillé.  

- Le bonjour également Carson. Un second bâillement que la jeune femme dissimula derrière le revers de sa main. J'ignorais que le personnel des grandes maisons se permettaient de questionner ainsi leurs employeurs sur leurs allées et venues. Est-ce une nouvelle conduite dont on aurait oublié de m'informé ?  

Tous deux savaient, qu'aucun aristocrate digne de ce nom ne se séparerait d'un majordome compétent. Si curieux et franc que ce dernier puisse être. Surtout que Carson était devenu bien plus qu'un simple domestique après tout ce temps. Ce n'était pas les piques et autres critiques que ses deux là s'envoyaient au visage qui changerait les profonds rapports les liants.

- Oh ! Vous le savez bien. Les activités typiques d'une jeune Lady. Soirées privées dans le dernier club à la mode, dîners mondains chez un quelconque vicomte ou baron, etc.

Geillis mentait. Carson le savait. Elle savait qu'il savait qu'elle mentait. La jeune femme s'extirpa à contre-cœur de son lit, étirant une nouvelle fois ses muscles endormis au passage. La température de la pièce, retombée par la faute de la fenêtre entrouverte, fit frissonner la peau de ses bras nus. Elle se drapa rapidement du peignoir déposé négligemment sur le fauteuil se situant à proximité.

- Qu'avons-nous pour le petit déjeuner ? Demanda-t-elle en accompagnant ses mots d'un charmant sourire.

MessageVen 23 Fév - 16:04

Peter
Carson

S'il n'était qu'un jeune blanc-bec sans expérience quand il avait commencé à travailler pour les Kincaid, les années passées lui avaient appris à lisser une attitude auparavant rebelle et frondeuse, pour forger l'homme qu'il était aujourd'hui. Il en fallait beaucoup pour faire perdre son flegme britannique à ce cher Peter. Aussi, comme (presque) toujours avec lui, Peter ne se formalisa pas du recadrage de sa jeune protégée. Geillis avait beau être majeure et son employeuse, elle restait une enfant pour le majordome, une enfant meurtrie que son expérience d'adulte devait aider à remettre sur de bons rails. À commencer par avoir une vie saine et l'habitude de prévenir de ses allées et venues. Et de ne pas mentir. Il n'y avait rien de pire que le mensonge, en dehors des jeunes et du thé froid.

- Bonjour, commença-t-il maintenant qu'il avait en face de lui une personne réveillée. J'aurais tout loisir de vous informer de tout ce qui fait un bon personnel de maison si vous me faites la grâce de votre présence en cette demeure de manière assidue.

Quand bien même pouvait-on penser qu'il outrepassait allégrement ses prérogatives de majordome en tenant un tel discours, il ne s'y serait jamais risqué s'il n'avait pas su, avec une absolue certitude, que Geillis ne lui en tiendrait pas rigueur. Peter n'était pas le genre d'homme à étaler ses atermoiements en public et avec son auguste personne, il fallait savoir lire entre les lignes pour comprendre le message réel qui se cachait derrière ses mots.

Peter ne commenta pas l'excuse de Geillis pour expliquer son absence lors de l'arrivée du personnel de la maison. Il avait développé un détecteur de mensonges interne mais ne voyait pas la nécessité d'une dispute à une heure aussi matinale. Quand sa protégée adopta une tenue plus décente, il lui ouvrit la porte du couloir, prêt à lui emboiter le pas jusqu'à la salle à manger où l'attendait le petit-déjeuner dont elle réclamait déjà le menu.

- Mrs Anderson a déjà le mal du pays, elle vous a préparé du porridge, des œufs, du bacon, des saucisses, tomates et champignons, ainsi que des kippers de hareng et saumon pour le poisson. Sans oublier les toasts frais et la confiture maison dont elle a le secret.

En somme, un petit-déjeuner typiquement écossais. Peter avait bien essayé de faire valoir qu'autant de nourriture était un vrai gaspillage de denrée que cela n'avait pas arrêté la cuisinière de la famille. Chacun avait sa façon de remonter la pente et la majordome avait finalement baissé les bras pour laisser Mrs Anderson se complaire dans le travail pour oublier tout le reste.

MessageMar 27 Fév - 21:57

Geillis
Kincaid Dewar

Ignorant à quel saint se vouait le vieux majordome ; les croyances religieuses étant une affaire privée à ses yeux ; Geillis ne savait donc sur qui jeter le Geis pour l'annonce qu'elle s’apprêtait à prononcer. Annonce qui ne manquerait certainement pas de procurer une extrême satisfaction à ce dernier.

- Il s'avère que vos prières ont été écouté mon cher Carson. Vous pourrez remercier la divinité à laquelle vous les adressiez car, mes "obligations" vont sans doute me retenir à Londres quelque temps. Voilà votre opportunité de parfaire mes lacunes.

Ne restait qu'à espérer, que l'entente persiste entre eux durant cette cohabitation à durée indéterminée. Il fallait bien avouer que si cette relation fonctionnait, cela était surtout dû au fait que Geillis crapahutait par monts et par vaux depuis le meurtre de sa famille. Le temps passé en compagnie de son personnel de maison était inconséquent aux salaires annuels versés pour qu'ils s'occupent de son bien-être. De son propre chef et malgré tout l'amour, le respect et l'amitié qu'elle éprouvait envers Mr Carson et Mrs Anderson, voilà bien longtemps qu'elle les aurait limogé de son service. Non parce que le travail effectué n'était à la hauteur ! Elle ne menait tout simplement plus le train de vie de son enfance justifiant leur présence.

Ce choix, Geillis ne l'avait pas eu. Ces deux-là avaient décidé ; sans réellement la consulter ; de rester à ses côtés plutôt que de conserver leurs postes auprès du nouveau Laird Kincaid. Son cousin James ; seul héritier mâle le plus proche par le sang pouvant profiter de l'héritage placé sous entail ; pourtant, souhaitait garder tout l'ancien personnel à son service. Hélas, la personne qui serait capable de faire entendre raison à ces deux têtes de mule n'était pas encore né.

Assise à l'antique coiffeuse présente dans la chambre, Geillis avait entrepris de brosser sa chevelure emmêlée. Écoutant en parallèle Carson, énoncer la liste des mets divers et variés préparés par la vieille cuisinière. Qui semblait vouloir la gaver telle une oie avant les fêtes de fin d'année.

- Heureusement que j'ai hérité de père un bon coup de fourchette sans quoi nous jetterions la nourriture par les fenêtres. Et l'argent qui va de paire !

En tant que Lady Geillis, la jeune femme recevait une rente confortable et assez conséquente pour vivre sans devoir travailler. Économe de nature, elle refusait cependant de dépenser l'argent plus que le strict nécessaire. Lorsqu'elle fut satisfaite du résultat en ce qui concernait sa chevelure, elle quitta le fauteuil occupé puis, s'engagea dans le couloir afin de prendre la direction de la salle à manger.

- Ai-je reçu des messages, courriers, invitations ou autres depuis que vous avez ouvert la demeure ?

MessageMer 28 Fév - 18:48

Peter
Carson

La conversation tournait autour des supposées obligations de sa protégée, mais Peter n'était pas dupe de ce qui était sous-entendu par le terme obligation. Enfin, il avait été pris à son propre piège. Pour un peu, il aurait été frappé à toutes les portes des bonnes familles de Londres pour leur exposer la nécessité de l'inviter à tout ce qu'il pourrait bien organiser, tout ce que les bonnes familles étaient capables d'inventer pour combler le vide de leur vie. Au moins aurait-il la certitude de savoir où elle se trouvait, avec qui et le cas échéant, Peter saurait également qu'elle ne s'y était pas présentée. Peut-être devrait-il vraiment considérer l'idée de l'enfermer dans la cave.

Il n'avait jamais eu d'enfant et personne ne lui avait connu de relation suivie avec une femme, ou même un homme. Maintenant qu'il se considérait comme le "père" de substitution de Geillis, par loyauté envers son véritable père mort trop tôt, il commençait à comprendre les affres de la paternité et s'estimait heureux de n'avoir jamais connu cela avant.

- Certes. Je me charge de vous transmettre un planning de vos leçons à venir dès qu'il sera prêt.

Un planning chargé, cela allait sans dire.

Droit comme un -i, il attendait patiemment que Geillis en termine avec sa brosse et il s'autorisa même un petit sourire à l'évocation du légendaire appétit de feu Lord Kincaid. Il se souvenait encore des nombreuses fois où il s'était plaint de son tour de taille. Plaisanterie que personne ne prenait jamais au sérieux, tant le laird était adepte des sports de sa caste, toujours fin et agile malgré l'âge.

- Je lui ferais part de la réflexion, même si je pense qu'elle a déjà conscience d'en faire trop.

Peter emboita le pas à Geillis, restant poliment derrière elle tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle à manger. Par automatisme, il hocha la tête à la question de Geillis, quand bien même ne pouvait-elle le voir.

- En effet, un courrier de votre tante est arrivé.

Il lui ouvrit la porte de la salle à manger et s'effaça pour la laisser entrer. La longue table avait été dressée pour une personne, tandis qu'une desserte croulait littéralement sous la nourriture. À défaut d'être en quantité décente compte tenu du nombre restreint de personne susceptible d'en profiter, tous les plats embaumaient et paraissaient plus qu'appétissant. Rien qui ne sortait donc de l'ordinaire quand l'on connaissait le talent de Mrs Anderson.

Quand Geillis se fut installée avec une assiette pleine, Peter s'esquiva quelques instants, le temps pour lui de récupérer le courrier et les journaux du jour, savamment disposés sur un plateau qu'il présenta directement à la propriétaire des lieux, le courrier au dessus de la pile de journaux.

MessageJeu 1 Mar - 4:08

Geillis
Kincaid Dewar

Lady Geillis remua la tête de haut en bas, en signe d'approbation aux paroles de Carson. Les cartes à présent entre ses mains, il ne lui restait qu'à transmettre les ordres qui, sans être énoncés formellement, découlaient naturellement de ses réflexions. La jeune femme aurait pu en discuter directement avec la principale concernée mais, elle préférait s'abstenir de fouler du pied les prérogatives inhérentes à la fonction de majordome. Subissant les foudres de ce dernier déjà plus souvent que de raison, elle évitait en règle générale d'ajouter des couches superflues à son mécontentement.

- Tante Isibeal ? Se renseigna-t-elle en amont tandis qu'ils s’engageaient dans les escaliers menant au hall de la demeure. Je me demande bien quelles sont les raisons qui l'ont poussé à m'écrire ? Une question énoncée à voix haute et qui en réalité, n'attendait nulle réponse de la part du majordome.

En s’avançant à l'intérieur de la pièce, Geillis ne put s'empêcher de songer que celle-ci était décidément bien trop vaste pour une unique personne. Cela ne fit que renforcer le sentiment de solitude éprouvé depuis le meurtre de sa famille.

- Faites dresser la table pour mes repas dans le petit salon rouge à l'avenir. Inutile de se servir de cette pièce pour mon seul usage. Dicta-t-elle gentiment tout en se servant une portion généreuse de kippers de hareng et de saumon. Ration abondante qu'elle compléta de tomates, champignons et oeufs.

Une fois la jeune femme attablée devant son assiette pleine de mets alléchants et après avoir déposé la serviette de tissus sur ses genoux, elle se servit un grand verre de jus d'orange frais. Ainsi qu'un thé vert à la menthe auquel elle ajouta un nuage de lait. Courrier et journaux lui furent présentés à ce moment-là, accompagné d'un coupe-papier en ivoire.

- Tapadh leibh Carson !

La correspondance de sa tante à la main, l'anse de la tasse à thé dans l'autre, Geillis amorça la lecture de la lettre tout en sirotant doucement le breuvage brûlant. Les traits de son visage se décomposèrent au fur et à mesure de sa lecture. Son sourire s'évanouit, son regard s'embruma. En déposant d'un geste tremblotant la tasse de porcelaine sur la table, elle répandit une bonne partie de son contenu sur la nappe.

- James ... il est ... Chevroter ces quelques mots à haute voix semblait être une épreuve pour Geillis. Oh Carson ! Il est mort...

Son regard fixait le bout de papier qu'elle tenait toujours entre ses doigts, incapable de s'en détacher. Relisant de nombreuses fois l'élégante écriture de sa tante, comme pour se convaincre que tout ceci n'était qu'un bien mauvais rêve.

MessageJeu 1 Mar - 15:17

Peter
Carson

À nulle réponse attendue, nulle réponse ne fut donnée. Peter continuait à calquer son pas sur celui de Geillis. Quand elle eut pris la lettre qui l'attendait depuis la veille, le majordome entreprit de déposer les journaux où ils ne gêneraient pas mais à portée de main, puis sa tâche accomplie, il avait tourné les talons pour quitter la salle à manger et laisser la maitresse des lieux petit-déjeuner en paix, quand un bruit lui fit tourner la tête.

Il n'était pas dans ses habitudes de majordome zélé de poser des questions sur la correspondance privée de ses employeurs, aussi se contenta-t-il seulement de s'équiper d'une serviette pour éponger le thé qui avait terminé sa course sur la nappe. Il n'allait poser aucune question, mais cela ne l'empêchait pas de s'en poser à lui-même, alors qu'il versait une nouvelle rasade de thé. Geillis lui paraissait secouée pour un simple courrier familial. Peter eut un infime temps d'arrêt avant de reposer la théière quand il comprit la raison de cette émotion soudaine chez sa protégée.

Il n'avait croisé qu'une fois celui qui avait pris le titre du domaine familial, quand il lui avait annoncé son intention de suivre la fille de son ami à Londres, tout comme Mrs Anderson et quelques autres qui aideraient à faire tourner l'hôtel londonien. Il lui avait paru être un brave garçon, malgré les événements, plus encore quand il avait décidé de garder l'ensemble du personnel, dont certains étaient au service de la famille depuis des années.

- Lady Isibeal précise-t-elle les circonstances ?

Son décès soudain était étrange et il était impossible pour Peter de ne pas faire le lien avec ce qui était arrivé au précédent laird et sa famille. Impossible également pour lui de ne pas poser la question. L'héritier était mort, se posait maintenant la question de qui allait reprendre la charge du titre et des responsabilités qui allaient de paire.

MessageVen 2 Mar - 18:06

Geillis
Kincaid Dewar

Un peu à l'instar des pensées de l'homme se tenant à ses côtés, les siennes firent sourdre des souvenirs non cicatrisés concernant l'assassinat de son père et du reste de sa fratrie. La jeune adolescente, qu'elle était à cette époque, avait été énormément affligé de cette perte. L'adulte, qu'elle était devenue, n'avait jamais vraiment réussi à apaiser la douleur qui en avait résulté.

Ce fut la question posée par Carson, qui lui permit de se libérer des moroses pensées résultant de la lecture de la missive. Distraire son esprit, ne serait-ce qu'en répondant aux questions du majordome ; tant bien même le sujet concerné restait pourtant identique à celui de la lettre ; lui donnait la possibilité de faire face à son chagrin. Geillis usa de la serviette en lin, afin d'essuyer les larmes qui avaient entrepris de partir à l'assaut de ses joues.

- Un accident de la route, James revenait d'un gala de bienfaisance. Il était légèrement grisé par l’alcool, lorsque sa fiancée et lui ont pris la route à la fin de la soirée. La neige et sans doute le verglas, lui ont fait perdre le contrôle de son véhicule au niveau d'un virage ... ce qui les a conduit dans le ravin en contrebas.

L'estomac à présent noué par la tristesse éprouvée, lui coupa tout envie d'absorber la moindre nourriture. Après avoir repoussé la chaise qu'elle occupait en arrière, Geillis jeta la serviette sur la table et quitta cette dernière pour gagner l'une des fenêtres donnant sur le jardin enneigé. Là, elle appuya l'une de ses épaules contre la vitre et observa les quelques oiseaux qui virevoltaient à la recherche de nourriture.  

- Cousin James n'avait pas de descendance ! Il y avait une pointe de regret dans le timbre de sa voix, lorsque Geillis énonça ce fait. Et suite à l'abolition de l'entail il y a dix-huit ans de cela ... vous savez ce que cela signifie Carson !

Cela signifiait qu'en tant qu'unique héritière directe des Kincaid, Geillis héritait non seulement du titre de feu son cousin mais, également du domaine et de toute la fortune familiale allant de pair avec celui-ci.

MessageVen 2 Mar - 19:17

Peter
Carson

Devait-il se sentir rassuré que la mort du laird James ne soit pas la faute à un dégénéré, mais rien d'autre qu'un banal accident de la route ? Quand bien même, cela faisait beaucoup de mauvaises nouvelles à encaisser en un laps de temps très court. Comment ne pas croire qu'une puissance quelconque en voulait à la famille pour mettre autant d'épreuves sur son chemin ? Peter n'était pas un fervent croyant, mais il n'était pas loin de croire que le diable s'était penché sur le destin des Kincaid.

Il suivit du regard Geillis qui s'était postée près d'une fenêtre. L'héritage familial revenait directement dans le giron de la branche principale, en la personne de Geillis. Une lourde responsabilité pour une si jeune fille.

- Vous êtes dorénavant la nouvelle héritière des Kincaid.

Les jours à venir allaient être chargés pour l'héritière, entre l'enterrement de son cousin et de la fiancée de celui-ci, la passation de pouvoir et, à n'en pas douter, le défilé des rapaces. C'était presque une tradition de voir apparaitre des parents dont on n'avait jamais entendu parler à l'occasion des enterrements. Mais comme depuis toujours, le fidèle Peter serait présent pour aider et épauler, même si cela voulait également dire éloigner les vautours de la maitresse de maison.

- Vous ferez une parfaite lady Kincaid et nous serons toujours présents pour vous soutenir, quoi qu'il se passe.

En tant que majordome, Peter était la principale voix des travailleurs de la maison, et il ne pensait pas se tromper en prononçant ses paroles.

Sur cet entrefaite, de discrets coups sur la porte de la salle à manger firent pivoter Peter vers le bruit. La porte s'ouvrit pour laisser entrer une jeune fille qui portait un bouquet de lys bleus dans les bras. Plus elle approchait, plus le parfum des fleurs éclipsait celui de la nourriture abondante qui ne trouverait plus preneur maintenant.

- Un coursier vient de déposer cela, à l'attention de lady Geillis. Je... je ne dérange pas ? demanda-t-elle en avisant le visage fermé du majordome.

- Non, posez cela sur la table.

Peter avait pris les choses en main. La jeune fille obtempéra et quitta la pièce sa tâche accomplie. S'il pouvait comprendre que le courrier de lady Isibeal soit parvenu à Londres, les fleurs par contre...

- Vos soupirants sont pour le moins rapides... plaisanta-t-il, même si ni son ton, ni sa posture, ne laissait penser à une plaisanterie.

Une carte jaunie accompagnait les fleurs.



Spoiler:
Note : Geillis peut savoir que les mots qui accompagnent la carte sont tirés de la Bible, ou pas. À ta convenance.

Proverbes 3:11-12
Mon fils, ne méprise pas la correction de l'Éternel,
Et ne t'effraie point de ses châtiments ;

Esaïe 66:16
C'est par le feu que l'Éternel exerce ces jugements,
C'est par son glaive qu'il châtie toute chair ;
Et ceux que tuera l'Éternel seront en grand nombre.

Esaïe 13:11
Je punirai le monde pour sa malice,
Et les méchants pour leurs iniquités.

MessageMer 7 Mar - 0:54

lady Geillis
Kincaid

L'entendre ainsi exprimer de la bouche d'une tierce personne, permettait à Geillis d’appréhender la réalité de la chose. Il n'y avait bien que Carson, pour attribuer autant de confiance en ses capacités de Lady. C'était là, une position sociale à laquelle la jeune femme n'avait jamais aspiré. Trop heureuse à l'époque, de voir confier titre et responsabilités à son cousin James car, l'héritage était alors encore placé sous le régime de l'entail. Et puisque la clause de l'acte juridique stipulait que les mâles étaient les uniques bénéficiaires de la succession familiale, cela arrangeait bien ses affaires ; contrairement à d'autres familles confrontées à un cas similaire. 

- Cette loyauté envers ma famille vous honore Carson ! Je n'ose imaginer ma vie sans vous, tant votre présence et votre soutien me sont vitaux.

Les rares travers dont faisait preuve le majordome étaient indéniablement dissimulés par ses nombreuses qualités. Si la situation l’exigeait, Geillis confierait sa vie aux mains du vieil homme sans éprouver la moindre hésitation.

Des coups brefs furent frappés sur le bois de la porte, venant interrompre ce touchant tête-à-tête entre l'employeur et son employé. Une jeune femme pénétra à l’intérieur de la pièce, transportant un délicat bouquet de fleurs entre ses bras. Bouquet qui fut bien rapidement déposé sur la table, comme l'exigeait les indications données par le majordome.

De nouveau seuls, celui-ci s'essaya à la plaisanterie mais, le cœur n'y étant pas ; ni chez l'un, ni chez l'autre ; celle-ci ne parvient à divertir le public brigué. Bien qu'haussant les épaules avec indifférence vis-à-vis de la remarque, Geillis avait néanmoins réduit la distance la séparant de la table sur laquelle trônait le présent.

- Allez donc savoir pourquoi, ce sont toujours les ragots et les mauvaises nouvelles qui circulent le plus rapidement. À défaut d'un hypothétique prétendant, sans doute ne s’agit-il tout simplement, que d'une attention émanant d'une quelconque connaissance de la famille.

La carte accompagnant le bouquet, contenant certainement un petit mot de condoléances pour la perte tragique de son cousin. Geillis justement, se saisit de cette dernière, pour prendre connaissance de l'identité de l'expéditeur. Afin de lui faire dépêcher des remerciements pour ce geste. Décidant d'en faire profiter Carson par la même occasion, elle entama la lecture à voix haute.

- Mon fils, ne méprise pas la correction de l’Éternel et ne t’effraie point de ses châtiments ; c'est par le feu que l'Éternel exerce ces jugements.

Cessant de s'exprimer, la jeune femme parcourut le reste du message en silence. Ses iris de givre, s'assombrissant sous la colère et au fur et à mesure qu'elle avançait dans sa lecture, des petits arcs électriques naissaient autour de ses mains. Lorsque celle-ci fut achevée, elle glissa un regard offusqué en direction du domestique.

- La suite n'est guère mieux, écouter cela ! C'est par son glaive qu'il châtie toute chair et ceux que tuera l'Éternel seront en grand nombre. Je punirai le monde pour sa malice, et les méchants pour leurs iniquités.

Ce jour était obligé de survenir tôt ou tard ! La cible qu'elle pourchassait inlassablement depuis tant d'années devenait chasseresse. Et la traqueuse endossait désormais le rôle du gibier. Tant mieux, ce petit jeu du chat et de la souris n'avait que trop perduré entre eux. L'heure de la confrontation venant de sonner. Geillis ne craignait pas de ramasser le gant que venait de lui jeter son adversaire.

- Ôtez-moi d'un doute Carson, ne serait-ce pas des extraits de la Bible ?

Bien loin d'être une experte des Saintes Écritures de l'Église anglicane ou de celles de l'Église catholique, il lui avait néanmoins paru reconnaître le style ampoulé très ecclésiastique qui les caractérisait. Une impression qu'elle désirait confirmer auprès d'un homme, dont elle était certaine qu'il serait en mesure de le lui certifier.

Contenu sponsorisé
Message

Nouveau départ ? [Geillis]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Sujets similaires

-
» Une lettre, une envie..un nouveau départ?
» Xyonne, nouveau départ, nouveau pandawa,nouvelle orientation
» Petite aide pour un nouveau Départ :D
» Un nouveau départ
» Sen.se : nouveau départ et/ou abandon du lapin ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Uchronie :: Si votre avenir était le passé ! :: Vingt-et-unième siècle - Londre :: Inner London-